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Réforme des retraites : “Nos réserves sont complètement insuffisantes”

Alors que s’ouvre ce jeudi 30 janvier la conférence de financement chargée de trouver des solutions pour établir l’équilibre financier du régime de retraite, Nicolas Marques, directeur général de l’institut économique Molinari, estime qu’il ne faut pas toucher aux réserves constituées.

Depuis plusieurs semaines, les esprits s’échauffent. Ne pourrait-on pas utiliser les réserves des régimes de retraite pour financer la mise en place du régime universel ? La réforme ne risque-t-elle pas de faire le lit de la capitalisation. Qu’en penser ? L’analyse montre que notre système de retraite est décapitalisé à tous les niveaux. Nos retraites par répartition ont peu de réserves, ce qui fait planer des doutes sur la capacité à honorer les promesses faites. Dans le même temps, la réforme prévoit de supprimer des capitalisations collectives, avec le risque que l’épargne retraite devienne l’apanage d’une minorité aisée.

En France, les promesses faites au titre des régimes des retraites par répartition représentent de l’ordre de 370 % du PIB selon l’Insee. Face à cela, les réserves accumulées sont fort maigres. A titre d’illustration, les réserves de l’Agirc-Arrco représentent à peine 2,5 % du PIB. Celles du fonds de réserve des retraites français, instauré en 2001 par Lionel Jospin, sont de 1,4 % du PIB. Au total, nos régimes avaient moins de 6 % de réserves fin 2017 selon le Conseil d’orientation des retraites, ce qui représentait 4 mois de retraites. C’est deux fois moins que les 14 % de PIB mis en réserve par les régimes de retraites par répartition des autres pays de l’OCDE. C’est surtout sans rapport avec ce que l’on observe chez nos voisins ayant une forte tradition sociale. Par exemple, le régime de retraite par répartition suédois dispose de réserves représentant 31 % du PIB et 56 mois de prestations. Ce voisin du nord est 5 à 14 fois plus précautionneux que nous, selon qu’on se fie au PIB ou au nombre de mois de prestations mis de côté.

Lire la suite de la chronique sur le site de Capital

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Nicolas Marques

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