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ERAFP : la pépite que la réforme des retraites ne devrait pas brader

L’Établissement de la retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP) devrait se fondre dans le nouveau régime de retraites universel. C’est pourtant un modèle de réforme pour la retraite de la fonction publique. Chronique de Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari, publié dans Contrepoints.

Dans le cadre de la réforme des retraites, l’Établissement de la retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP) serait amené à être dissous dans le régime universel. Or, cet établissement – né de la réforme Fillon de 2003 – est une pépite française, un des rares exemples de prévoyance publique bien pensée. Il devrait, au contraire, être étendu au privé.

L’ERAFP ne dit pas ce qu’il fait et c’est peut-être pour cela qu’il n’a pas pu servir de modèle dans le débat sur les retraites. Que fait-il exactement ? Il ajoute à la retraite de base des fonctionnaires – financée par nos impôts – un complément retraite qui se bonifie grâce au rendement généré par le placement des cotisations sur les marchés financiers. Grâce aux dividendes et plus-values, il allège le coût de financement des retraites du public.

Un moyen d’alléger le coût des retraites du public

En dissolvant cette institution dans un régime universel fondé exclusivement sur la répartition, nous nous privons d’un moyen puissant d’alléger le coût lié au financement des retraites du public. Or, c’est la question n°1 en France. Car pour payer l’ensemble des retraites aujourd’hui en France, il faut prélever en impôts et charges sociales 14,9 % du PIB.

Ceci a un impact délétère sur la compétitivité française, le chômage et les déficits. Dans la mesure où il n’est plus possible d’augmenter la pression fiscale  – c’est même l’inverse que les pouvoirs publics organisent pour lutter contre le chômage -, il n’y a en répartition pure pas d’autre alternative que de baisser le niveau des pensions et/ou retarder l’âge de la retraite et/ou faire des déficits.

Toutes les combinaisons ont été testées les unes après les autres, mais en bout de ligne elles ne font qu’organiser plus ou moins intelligemment le rationnement pour tous. Il y aurait pourtant moyen de desserrer la contrainte, en s’appuyant sur les expériences réussies de placement financier de nos institutions de retraite comme l’ERAFP, le Fond de réserve des retraite ou l’Agirc-Arcco.

Nous avons besoin d’institutions vertueuses comme l’ERAFP

Nous n’avons pas besoin d’un régime universel pour gérer le rationnement, mais plutôt de nous appuyer sur les bonnes pratiques de notre système riche d’institutions responsables et vertueuses.

Il faudrait permettre à l’ERAFP de proposer ses prestations au privé, ou susciter la création d’un équivalent par l’Agirc-Arrco, pour profiter de ce que le capitalisme a de meilleur : des rendements du capital positifs sur le long terme.

Pour aller plus loin, lire l’étude de l’Institut économique Molinari/Contrepoints : Retraites françaises, sortir de l’impasse, préparer l’avenir, p.36 « L’Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique : la pépite bradée ? »

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Cécile Philippe

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