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Prendre sa retraite en main avec FIRE

Le mouvement FIRE (Financial Independance, Retire Early) prend de l’ampleur auprès des jeunes générations. L’investissement régulier en Bourse permet d’acquérir son indépendance. Une idée dont pourrait s’inspirer le système des retraites français pour permettre à tous de profiter de la capitalisation. Texte d’opinion par Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari, publié dans La Tribune.

Dans une série d’articles pourtant sur le mouvement FIRE (acronyme de Financial Independance, Retire Early), je concluais qu’il serait utile que les réflexions de ce mouvement pro indépendance financière et retraite anticipée touchent le public français. Au cours des derniers mois, j’ai entendu bien trop d’interlocuteurs dire « de toute façon, je n’aurais rien à la retraite ». Si les inquiétudes à l’égard de la soutenabilité financière de notre système de retraite par répartition sont compréhensibles, elles ne légitiment pas le fatalisme. Elles devraient inciter, au contraire, à s’organiser à titre personnel tout en exigeant du système qu’il améliore ses rendements.

L’importance des intérêts composés

Cette idée répandue en France selon laquelle le système ne pourra pas délivrer grand-chose doit être prise au sérieux par celles et ceux qui l’expriment. En effet, s’ils sont convaincus qu’il n’y aura rien pour eux, en dépit du versement de cotisations élevées, ils ne peuvent rester les bras ballants. Au contraire, il est de leur devoir de s’organiser pour ne pas être pris au dépourvu. A cet égard, la littérature développée par le mouvement FIRE est utile et réconfortante dans un pays où l’importance des placements financiers et des intérêts composés est le plus souvent ignoré.

En effet, les membres de ce mouvement veulent, le plus souvent, se libérer de leur travail en vivant de leurs rentes. Pour ce faire, ils s’organisent pour mettre de côté et faire multiplier leur épargne. Ils prodiguent maints conseils en matière de gestion, en particulier celui de réduire au maximum les frais financiers avec la gestion passive et la fiscalité. Très utiles sont les ordres de grandeur qu’ils offrent à la réflexion et que chacun devrait avoir en tête lorsqu’il s’agit de préparer sa retraite.

Les stars de ce mouvement – M. Money Mustache, Jim CollinsKristy Chen et Bryce Leung ou Jonathan Mendonsa – expliquent ainsi chacun à leur manière la règle des 4% ou son corollaire, la règle des 25.

En 1998, trois professeurs de l’université Trinité cherchent à répondre à la question suivante : comment se comportent des portefeuilles composés d’actions et d’obligations auxquels on applique différents taux de retrait annuel, sur une période de 30 ans, en fonction de la date de début des retraits. Ils publient leurs résultats dans un article intitulé « Portfolio Success Rates : Where to Draw the Line ». Pour ce faire, les trois chercheurs ont récupéré tous les prix des actions et des obligations disponibles et ont imaginé un retraité en retirant un certain pourcentage pour vivre chaque année, laissant le reste investi.

La règle des 4%

En ajustant les niveaux de retrait à l’inflation ou pas, ils purent montrer que 96% du temps, un portefeuille composé à 50% d’actions et à 50% d’obligations, après inflation, restait intact 30 ans après lui avoir retiré 4% de sa valeur chaque année. Cette stratégie n’a échoué qu’en 1965 et 1966. Les auteurs ont actualisé leurs calculs en 2009.

Autrement dit, si vos dépenses annuelles représentent 4% de votre épargne, alors vos chances de pouvoir vivre sans entamer votre capital sont de 96%. Par conséquent, pour calculer le montant d’épargne nécessaire pour vivre de vos rentes, il faut multiplier les dépenses que vous prévoyez d’avoir par 25 (diviser ses dépenses par 4% revient à les multiplier par 25). Imaginons qu’il faille à votre couple 40.000 euros par an pour vivre sans travailler, il vous faut alors accumuler un capital d’un million d’euros (40.000 euros x 25).

Une autre manière utile de présenter les choses est de considérer qu’une dépense de 1.000 euros par an pourra être financée à vie avec un capital placé de 25.000 euros. Par conséquent, quiconque pensant ne pas recevoir une retraite suffisante dans le système par répartition, devrait immédiatement mettre en place les moyens d’acquérir ce qui pourrait lui manquer.

Capitalisation pour tous

Ces réflexions, utiles sur le plan individuel, devraient aussi nous aider à comprendre l’intérêt d’introduire une dose de capitalisation collective dans le système français de retraite dépendant à 98% de la répartition. Cela permettrait au plus grand nombre de bénéficier de revenus du capital, sans laisser de côté ceux qui ont du mal à s’organiser seuls. Les pouvoirs publics seraient parfaitement dans leur rôle s’ils usaient de leur autorité pour mettre en place une capitalisation pour tous, à coûts financiers faibles et fiscalité légère.

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Cécile Philippe

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