Le salarié moyen français travaille jusqu’au 22 juillet pour financer les charges et impôts, soit 4 jours de plus qu’en 2025 en raison d’une remontée de la pression fiscale
Paris, 22 juillet 2026 – Grâce à des données calculées par EY, l’Institut économique Molinari publie, pour la 17ème année consécutive, son étude sur la pression sociale et fiscale réelle du salarié moyen au sein de l’Union européenne (UE).
Ce classement présente la spécificité de chiffrer pour l’année en cours la pression sociale et fiscale réellement supportée par les salariés moyens avec une méthodologie robuste et uniforme dans toute l’UE à 27, permettant d’appréhender l’impact réel des impôts et charges et leurs évolutions.

En France, le fossé se creuse avec les autres champions européens de la fiscalité
La France est championne des prélèvements obligatoires en 2026 avec une libération sociale et fiscale le 22 juillet. Jusqu’à cette date, le salarié moyen célibataire n’a pas de contrôle direct sur l’affectation des fruits de son travail. La fiscalité sur le salarié moyen ressort à 55,6 % lorsqu’on tient compte des cotisations sociales, de la CSG et de la CRDS, de l’impôt sur le revenu et de la TVA. Elle augmente par rapport à l’an passé (+1,20 %), ce qui génère un recul de quatre jours de la libération fiscale et sociale.
L’Autriche est 2ème sur le podium, avec une libération sociale et fiscale le 17 juillet. La fiscalité sur le salarié moyen ressort à 54 %, en hausse par rapport à l’an passé (+0,6 %), ce qui génère un recul de trois jours de la libération fiscale et sociale. La fiscalité a augmenté en raison du caractère progressif de l’impôt sur le revenu : les salaires bruts ayant progressé plus rapidement que la revalorisation des tranches d’imposition, l’impôt sur le revenu a augmenté plus vite que les revenus.
La Belgique est 3ème sur le podium avec une libération sociale et fiscale le 17 juillet, 3 heures avant l’Autriche. La fiscalité sur le salarié moyen est à 53,99 % avec un recul d’un jour de la libération fiscale et sociale.

La remontée de la pression fiscale efface un tiers des gains depuis 2015
- La pression fiscale atteint 55,6 %, un niveau inégalé depuis 2019 en raison de la baisse des allégements de cotisations patronales sur le salarié moyen :
- Les taux réduits de cotisation patronale maladie (7 % du salaire brut au lieu de 13 %, ex « bandeau maladie ») et famille (3,45 % au lieu de 5,25 %, ex « bandeau famille ») ont été supprimés ;
- Une Réduction générale dégressive unique (RGDU) a été mise en place, mais elle représente un allégement de cotisation moindre. Bilan, le coût du travail augmente de 2,8 % du salaire brut pour un salarié moyen.
- A cela s’ajoute l’augmentation du taux patronal de la cotisation d’assurance vieillesse et l’augmentation de l’impôt sur le revenu résultant du mécanisme de tranches (lorsque le salaire imposable augmente plus vite que la réévaluation des tranches d’imposition, l’impôt augmente même si les taux ne changent pas).

Le pouvoir d’achat du salarié moyen est réduit par 36 545 € de prélèvements obligatoires
Le salarié moyen français coûte 65 777 € à son employeur. Mais il ne lui reste que 29 232 € nets de charges et impôts.
Les cotisations sociales (31 487 €, 1er rang de l’UE) sont plus élevées que le salaire après impôts en France (29 232 €, 11ème rang de l’UE). Elles représentent :
- 108 % du revenu disponible après impôts, c’est le record parmi les pays de l’UE en moyenne à 51 % ;
- l’essentiel (86 %) des prélèvements obligatoires sur le salarié moyen, devant l’impôt sur le revenu (8 % ou 3 026 €) ou la TVA ayant une place moindre (6 % ou 2 032 €).

L’employeur doit débourser 225 € pour que le salarié moyen dispose de 100 € de revenu supplémentaire. C’est le record de l’Union européenne.

Une pression sociale et fiscale qui coïncide avec une mauvaise gestion des finances publiques
L’étude montre qu’en dépit de sa fiscalité record, la France est dans la pire des configurations : 24 pays de l’UE ont des dettes moins significatives et une fiscalité sur le salarié moyen plus faible ; les 2 pays qui avaient des dettes publiques supérieures l’an passé – l’Italie et la Grèce – ont une pression sociale et fiscale moindre.

Les prestations sociales ne légitiment pas l’importance des prélèvements sur les salariés
L’étude montre que le pouvoir d’achat du salarié moyen français est plus contraint que dans les pays du nord à tradition sociale proche de la nôtre.
Pour un même coût employeur, le salarié moyen français touche 20 % de salaire net en moins que les Finlandais ou Suédois.
Pourtant ces derniers bénéficient de prestations sociales qualitatives. Ils sont notamment au 5ème et 8ème rang de la dépense de protection sociale dans l’UE, devant la France qui est 9ème.

8 jours de liberté en moins par manque de capitalisation retraite
L’étude montre que les retraites n’ont pas un bon rapport qualité prix : la France est 4ème en termes de taux de cotisation et seulement 16ème en taux de remplacement futur (le montant de la retraite par rapport au salaire moyen).
Les cotisations prélevées sur les salariés représentent 28 % du salaire brut, contre 22 % aux Pays-Bas, pour un taux de remplacement futur d’à peine 70 % en France, contre 96 % aux Pays-Bas.
Le sous-développement de l’épargne retraite française représente une « taxe implicite » de l’ordre de 3 400 euros par an par actif et retraité par rapport aux pays de l’UE ayant le plus misé sur l’épargne retraite (Danemark, Pays-Bas et Suède). Le manque à gagner est de 6 % du PIB ou de 160 milliards d’euros par an.

Champion de la fiscalité, mais seulement en 21ème place pour le bien-être
L’étude montre aussi que la pression sociale et fiscale française n’est pas synonyme de mieux vivre.
Au sein de l’UE, la France était 21ème ex aequo avec l’Italie et la Hongrie en termes de satisfaction dans la vie. Seulement quatre pays avaient une satisfaction inférieure : la Bulgarie, la Grèce, la Lettonie et l’Allemagne.

CITATIONS
Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari et co-auteure
« La pression sociale et fiscale sur le salarié moyen repart à la hausse en France. En 2026, un tiers des gains de compétitivité et de pouvoir d’achat réalisés depuis 2015 ont été effacés.
C’est une erreur sociétale, car les augmentations de pression fiscale se retournent contre les salariés et au final les finances publiques. Trop de taxes, c’est moins d’emplois, moins de recettes sociales et fiscales, plus de déficits et de dette ».
Nicolas Marques, Directeur général de l’Institut économique Molinari, co-auteur
« La pression sociale et fiscale sur le salarié moyen est anormalement élevée car la protection sociale, et en particulier la retraite, est mal financée. Le sous-développement de la capitalisation génère un manque à gagner de 160 milliards d’euros par an par rapport au Danemark, aux Pays-Bas et à la Suède.
C’est parce que les pouvoirs publics n’ont pas su imiter ces pays du nord responsables que les comptes publics sont chaque année dans le rouge depuis la fin du baby-boom et que la France est devenue la championne de la fiscalité sur le salarié moyen.
Il est urgent de généraliser la capitalisation retraite. Sans capitalisation collective généralisée, impossible de financer des retraites attrayantes sans détruire la compétitivité, le pouvoir d’achat et les finances publiques ».
A PROPOS DU JOUR DE LIBERATION FISCALE
Le Jour de libération sociale et fiscale est le jour où le salarié moyen arrête en théorie de payer des charges et des taxes et peut disposer à sa guise des fruits de son travail. Cette date, présentée parfois comme le jour où le salarié cesserait de « travailler pour la collectivité », est plutôt celle où il devient libre d’utiliser, comme il le souhaite, les fruits de son travail.
Les calculs portent sur un salarié célibataire ayant le salaire moyen de chaque pays. Ils tiennent compte des cotisations patronales et salariales aux régimes obligatoires de droit public ou de droit privé (mutuelles, fonds de pension…), de l’impôt sur le revenu et de la TVA applicable en 2026.
La particularité de cet indicateur de liberté économique est de rendre concrète la situation des salariés moyens de l’UE en intégrant la fiscalité sur le travail et la consommation de chaque pays. Les calculs des cotisations sociales aux régimes obligatoires, qu’ils soient de droit public ou de droit privé (mutuelles, fonds de pension…) et d’impôts sur le revenu sont faits par EY pour les 27 pays de l’UE.
RESSOURCES
L’étude La pression sociale et fiscale réelle sur le salaire moyen au sein de l’UE en 2026 (17ème édition) est disponible ici en Français : https://www.institutmolinari.org/wp-content/uploads/2026/07/etude-fardeau-fiscal-eu-2026.pdf
Une carte Datawrapper est disponible : Taux réel de taxation du salarié moyen en 2026
https://www.datawrapper.de/_/pi33l/?v=2
Ainsi que 6 graphiques repris dans ce communiqué :
Evolution du taux de pression sociale et fiscale pour un salarié moyen (2010-2026) : https://www.datawrapper.de/_/H2Mnb/
Charges et impôts pour 100€ de revenu disponible en 2026 : https://www.datawrapper.de/_/v56dR/?v=4
Taux de pression sociale et fiscale et dette publique des pays de l’UE : https://www.datawrapper.de/_/I00zi/
En France, la dépense de protection sociale ne légitime pas la fiscalité : https://www.datawrapper.de/_/Cr7xY/
En France, le sous-développement de la capitalisation retraite pénalise le pouvoir d’achat des salariés moyens : https://www.datawrapper.de/_/HIwC5/?v=3
Taux de pression sociale et fiscale et satisfaction dans la vie dans les pays de l’UE : https://www.datawrapper.de/_/kFGl1/?v=2
A PROPOS DE L’INSTITUT ECONOMIQUE MOLINARI
L’étude est écrite par Nicolas Marques, Cécile Philippe, et James Rogers de l’Institut économique Molinari.
L’Institut économique Molinari (IEM) est un organisme de recherche et d’éducation dont la mission est de favoriser une meilleure compréhension des phénomènes et défis économiques, en les rendant accessibles au grand public. Ses travaux contribuent à stimuler l’émergence de nouveaux consensus en proposant une analyse économique des politiques publiques illustrant l’intérêt de réglementations et de fiscalités plus clémentes. L’IEM est une organisation à but non lucratif, financée par les cotisations volontaires de ses membres, individus, fondations ou entreprises. Affirmant son indépendance intellectuelle, il n’accepte aucune subvention publique.
POUR TOUTE INFORMATION OU INTERVIEW, CONTACTER
Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari, co-auteur de l’étude
nicolas@institutmolinari.org, +33 6 64 94 80 61
Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari, co-auteure de l’étude
cecile@institutmolinari.org, +33 6 78 86 98 58


