Arrêts maladie: le Covid long reste l’angle mort du débat public
L’une des grandes faiblesses du débat actuel est de ne pas traiter les arrêts maladie comme un problème de santé publique. Texte d’opinion par Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari, et Jérôme Larché, médecin interniste à la Clinique du Parc (Castelnau-le-Lez), conseiller médical Covid long du DG-ARS Occitanie, publié dans Le Point.
Un décret tout juste publié vient de fixer à 31 jours une première prescription pour arrêt de travail et à 62 jours pour une prolongation. Il est vrai que les perspectives de croissance sont faibles et que le déficit de la branche maladie est de 16 milliards en 2025. Il n’empêche que le plafonnement risque simplement d’augmenter le nombre de visites pour renouvellement des arrêts plutôt que d’en soigner la cause profonde. En effet, il est important de réaliser que la progression des arrêts de travail depuis 2019 est en partie liée aux effets durables de la pandémie de 2020.
Depuis 2020, le rythme de progression des indemnités journalières a triplé par rapport à la période 2015-2019, lorsqu’on raisonne à masse salariale constante. La fraude sociale est la première cause invoquée avec à la clé un nombre de mesures visant à la freiner.
Or, si la fraude sociale existe et qu’il est nécessaire de l’empêcher, elle ne peut en aucun cas expliquer un triplement des indemnités journalières, phénomène que l’on observe ailleurs en Europe. La santé mentale est une autre explication fréquemment avancée mais elle ne doit pas devenir une catégorie refuge, où l’on range tout ce que l’on ne sait pas encore nommer précisément.
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