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La gratuité des tests covid reste économique

Réduire le volume des tests en rendant les PCR payants est une démarche à double tranchant. Les tests sont précieux dans la lutte contre la pandémie. Les personnes qui se testent et s’isolent, en cas de résultat positif, limitent les transmissions, avec à la clef des économies pour collectivité. Plus de dépistages, c’est moins de contamination et d’arrêts de travail. Une semaine travaillée, c’est 2 500 euros de production, soit 50 fois plus que le coût d’un test PCR (49 euros). De même, le séjour moyen à l’hôpital dans le cadre de Covid-19 coûte 5 000 euros à l’assurance maladie. Le test PCR évitant une semaine d’hospitalisation est donc rentabilisé 100 fois et fait économiser 4 950 euros à la collectivité. Insister sur le coût du dépistage (5,9 milliards en 2021), sans prendre en compte les économies qu’il génère, relève d’un mauvais calcul.

Ajoutons que les tests représentent une goutte d’eau par rapport aux pertes générées par covid-19. Le manque-à-gagner en termes de création de richesse représentait 230 milliards à fin juin 2021, soit 3 400 euros par habitant. A cela s’ajoute les coûts supportés par les ménages, entreprises, collectivités. Ce ne sont pas les tests qui coûtent cher, mais notre incapacité à endiguer Covid. Nous n’avons jamais réussi à dépister, tracer, isoler comme prévu à la sortie du premier confinement. A l’époque, l’idée était de tester 20 à 25 personnes pour chaque cas détecté, afin de casser les chaines de transmissions. Dans la réalité, nous avons testé dix fois moins de cas contacts et laissé repartir les contaminations, d’où le recours à des mesures coercitives coûteuses. Nous avons reconfiné deux fois le pays en entier, faisant exploser la facture économique. Le PIB du deuxième trimestre 2021 était au niveau du troisième trimestre 2017, en recul de 3,3% par rapport au quatrième trimestre 2019. A contrario, il était en hausse significative dans les pays de l’OCDE visant Zéro Covid (Australie, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande…). Et surtout, à la mi-2021 nous avons 45 fois plus de morts par million d’habitants que ces pays cherchant à éliminer le virus.

Bien sûr, certains utilisent les tests comme un succédané à la vaccination dans le cadre du passe sanitaire. Mais que représentent-ils par rapport à l’ensemble de la population ? Surtout, n’existe-t-il pas d’autres moyens de les pousser à se vacciner sans nuire au dépistage ? Les données montrent que les tests restent utiles, même lorsqu’une portion très significative de la population est vaccinée. Les vaccins limitent très significativement les risques de complication, mais bloquent imparfaitement la transmission de Covid-19. Les tests restent donc clefs, pour protéger les non vaccinés et notamment les enfants de moins de 12 ans.

Et ce d’autant plus que l’Education nationale ne brille pas en matière de prévention. L’équipement des classes en capteurs de C02 et des réfectoires en filtres HEPA est inexistant dans beaucoup d’établissements et la politique de test reste balbutiante. Au deuxième trimestre 2021, l’Education nationale déployait cent fois moins de tests par rapport aux meilleurs standards (Allemagne, Autriche, Royaume-Uni). Et pour cette rentrée, Jean-Michel Blanquer promet seulement 600 000 tests salivaires par semaine, alors que les établissements scolaires accueillent tous les jours 12 millions d’élèves, dont 6 millions de moins de 12 ans n’ayant pas accès aux vaccins.

Nicolas Marques

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