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En France, à partir du 12 novembre l’État avait consommé toutes ses ressources et recommençait à s’endetter pour terminer l’année – L’État en France est parmi les 3 champions des déficits au sein de l’UE

Paris, le 11 novembre 2019 : L’Institut économique Molinari vient de calculer le jour où les États de l’Union européenne (UE) ont dépensé toutes leurs recettes annuelles.

LA 5ÈME ÉDITION DE CETTE ÉTUDE MONTRE QUE :

  • Les administrations centrales de l’UE avaient épuisé en moyenne leurs ressources le 16 décembre, 16 jours avant la fin de l’année. C’est 4 jours plus tard qu’en 2017, ce qui représente une amélioration notable.
  • Parmi les 28 administrations centrales de l’UE, 11 étaient en situation excédentaire l’an passé, 14 épuisaient leurs ressources en décembre, 3 avaient tout dépensé avant.
  • L’administration centrale française avait dépensé l’intégralité de ses ressources le 12 novembre, 49 jours avant la fin du dernier exercice budgétaire clos.
  • L’écart entre la France et la moyenne de l’UE est de 33 jours. Il augmente de 4 jours entre 2018 et 2017 en dépit d’une conjoncture économique favorable.
  • Les projections réalisées par l’IEM montrent que la situation française n’est pas en voie de normalisation : les dépenses non financées de l’administration centrale française augmentent. Elles pourraient représenter 62 jours en 2019 et 59 jours en 2020.

Calendrier des jours où les administrations centrales de l’UE ont dépensé toutes leurs recettes

Nombre de jours de dépenses non financées par l’administration centrale française vs la moyenne de l’UE

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AUTRES ENSEIGNEMENTS

Les administrations centrales, principale source des déficits publics dans l’UE

En dépit de la conjoncture favorable, les États centraux restent le point noir des finances publiques européennes. Au niveau de l’UE, les administrations centrales expliquent l’essentiel des dérapages des comptes publics avec 16 jours non financés.

Les administrations d’États fédérés sont équilibrées depuis 2017 et ont généré 4 jours d’excédent en 2018. Les administrations locales sont équilibrées depuis 2014 et on fait 2 jours d’excédent l’an passé. Les administrations de sécurité sociale sont équilibrées depuis 2016 et engrangé 6 jours d’excédent l’an passé. Les administrations publiques étaient, au global, déficitaires de 6 jours.

3 mois d’écart entre l’administration centrale la plus excédentaire et la plus déficitaire

Les champions étaient Bulgarie (excédent équivalent à 23 jours de dépenses), Malte (excédent de 18 jours), l’Allemagne (excédent de 17 jours) et la Suède (excédent de 17 jours). Leurs recettes 2018 leur ont permis de financer toutes les dépenses de l’année et de se désendetter.

La Suède est dans le quatuor de tête des pays excédentaires depuis 4 ans, Malte depuis 3 ans et la Bulgarie depuis 2 ans.

On trouve en queue de classement la France et la Roumanie (49 jours de dépenses non financées) et Chypre (66 jours de dépenses non financées).

La France et la Roumanie sont coutumières des contre-performances. La France figure dans le trio des États les plus déséquilibrés depuis 3 ans, la Roumanie depuis 2 ans.

La situation de l’administration centrale française est précaire

Alors que les administrations centrales de l’UE ont profité des 9 dernières années pour résorber leurs déficits, ce n’est pas ce qu’on constate en France. Le mouvement de rééquilibrage des comptes post-crise (2009-2013) s’est essoufflé plus vite qu’ailleurs, il y a 6 ans.

Dans les 5 dernières années, l’administration centrale française n’a résorbé son déficit que de 2 jours. Dans le même temps la moyenne l’UE résorbait son déficit de 25 jours.

Depuis le creux de la crise les dépenses publiques ont baissé 4 fois moins vite en France que dans l’UE. Elles n’ont quasiment pas reflué entre 2009 et 2018 (-1,2 %), alors qu’elles baissaient de façon significative dans l’UE (-4,4 %). La France a écourté prématurément la traditionnelle phase post-crise de réduction du poids des dépenses publiques. Conséquence l’ajustement s’est fait par les recettes. Elles ont augmenté 2 fois plus vite en France que dans l’UE (+3,5 % vs +1,5 %).

En France l’ajustement post crise a reposé au ¾ sur les hausses pérennes de fiscalité, la baisse des dépenses ne comptant que pour ¼. L’UE a fait le choix diamétralement inverse, avec un ajustement reposant au ¾ sur la baisse des dépenses et pour ¼ sur la hausse de fiscalité.

A ce stade la France a moins bien récupéré ses marges de manœuvre financières que le reste de l’UE. La crise laisse un impact trois fois plus important sur les finances publiques. Les recettes et les dépenses publiques ont augmenté de 3,5 points de PIB, contre 1 point dans l’UE entre 2007 et 2018. A ce stade, le déficit public reste trois fois plus élevé en France (2,5 % du PIB) que dans l’UE (0,7 % du PIB).

L’incapacité à améliorer durablement les comptes en période d’embellie ne se résorbe pas, en dépit d’une conjoncture économique favorable. Pire, chaque phase de « consolidation » paraît plus précaire que la précédente. Entre 1999 et 2001, les déficits français restaient supérieurs à 30 jours par an en moyenne. Entre 2004 et 2007, ils étaient de 40 jours. Entre 2013 et 2017, ils représentaient 50 jours en moyenne.

RESSOURCES

L’étude intitulée « Le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes leurs recettes annuelles » est disponible sur notre site.
Une infographie européenne (Datawrapper) est fournie ici. Et une autre sur le Nombre de jours ou les recettes sont épuisées (-) ou permettent de se désendetter (+) ici.

CITATIONS

Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari (IEM) et co-auteur.
« En France l’administration centrale vit à crédit 49 jours par an. Elle épuise toutes ses ressources le 12 novembre, plus d’un mois avant les autres États de l’Union européenne, équilibrés jusqu’au 16 décembre.
La remise en ordre des comptes des administrations centrales devrait être la priorité. D’une part, les collectivités locales et administrations de sécurité sociale françaises sont à l’équilibre. D’autre part, l’expérience malheureuse de nos voisins du sud montre que l’incapacité à résorber les déficits publics en période d’embellie expose à un coût social et des ajustements douloureux en période de retournement.
»

Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari (IEM) et co-auteur.
« La situation de l’administration centrale française est très inquiétante. Depuis 1980, tous les budgets ont été déséquilibrés et la date à laquelle toutes les ressources sont consommées a avancé de 1,2 jours par an.
L’État n’arrive plus à mettre à profit les périodes de répit pour rééquilibrer son budget. Il épuise ses ressources deux mois avant la fin de l’année, tandis que les déficits de nos voisins ne représentent plus que deux semaines de dépenses non financées.
A ce stade, rien n’enraye cette dérive. On s’achemine vers 62 jours de dépenses publiques non financés en 2019 et 59 en 2020.
Conséquence, la dette publique française s’emballe. Elle représente maintenant 35 000 euros par habitant auxquels s’ajoutent 130 000 de dette implicite hors bilan liées aux retraites par répartition. »

POUR TOUTE INFORMATION OU INTERVIEW, CONTACTER :
Nicolas Marques, directeur général, Institut économique Molinari
(Paris, langue française)
nicolas@institutmolinari.org
+ 33 6 64 94 80 61
Ou Cécile Philippe, présidente, Institut économique Molinari
(Paris, Bruxelles, langue française ou anglaise)
cecile@institutmolinari.org
+33 6 78 86 98 58

AU SUJET DE L’IEM
L’Institut économique Molinari (IEM) est un organisme de recherche et d’éducation dont la mission est de favoriser la liberté et la responsabilité individuelles. L’Institut entend faciliter les changements, en suscitant un débat autour des idées reçues, génératrices de statu quo. Il vise à stimuler l’émergence de nouveaux consensus en proposant une analyse économique des politiques publiques, en illustrant l’intérêt de l’échange, ou en montrant l’intérêt de réglementations et de fiscalités plus clémentes. L’IEM est une organisation à but non lucratif financée par les cotisations volontaires de ses membres : individus, entreprises ou fondations. Affirmant son indépendance intellectuelle, il n’accepte aucune subvention publique.

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