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Sommes-nous sur la bonne voie pour répondre aux défis environnementaux ?

par Cécile Philippe
mardi 11 septembre 2007.

Article paru dans la Revue parlementaire du mois de juillet 2007.

Pour lutter contre l’actuel réchauffement climatique généralement imputé aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, il semble admis qu’il faille limiter ces émissions de gaz via le protocole de Kyoto ou taxer le dioxyde de carbone (CO2). Bien qu’acquises pour le plus grand nombre, il faut pourtant se demander si de telles mesures ne risquent pas de s’avérer pires que les maux qu’elles cherchent à résoudre.

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Pour lutter contre l’actuel réchauffement climatique généralement imputé aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, il semble admis qu’il faille limiter ces émissions de gaz via le protocole de Kyoto ou taxer le dioxyde de carbone (CO2). En fait, la mise en oeuvre du concept très en vogue de développement durable, sur lequel se fondent ces politiques publiques, recouvre des solutions fort usées : celles de la réglementation, de la taxation et de l’interdiction. Bien qu’acquises pour le plus grand nombre, il faut pourtant se demander si de telles mesures ne risquent pas de s’avérer pires que les maux qu’elles cherchent à résoudre.

Depuis de nombreuses années, les politiques publiques, françaises et européennes, consacrent la voie réglementaire et proposent toujours d’aller plus loin. La définition floue du développement durable a inspiré une kyrielle de protocoles, décrets, directives qui tous consacrent la solution réglementaire. Au Conseil Européen des 8 et 9 mars 2007, les leaders européens ont affirmé que l’Union Européenne devait intensifier ses efforts en matière de réduction des émissions, à savoir les réduire de 20% d’ici 2020 par rapport à leur niveau de 1990. C’est dans ce cadre qu’aura lieu le Grenelle de l’environnement de septembre prochain.

Pourtant, réglementer les émissions ou taxer le CO2, c’est pénaliser notre principale source d’énergie, le pétrole. Celui-ci est tout simplement la clef de voûte de nos sociétés industrialisées, moyen indispensable de nous transporter d’un endroit à un autre via les voitures, les avions, les bateaux. Vouloir taxer l’énergie ou limiter nos émissions, c’est nous condamner à devoir lui substituer des énergies moins efficaces et plus coûteuses et nuire à nos capacités de trouver les énergies de demain, peut-être encore inconnues à ce jour.

Cela signifie-t-il que nous sommes condamnés à rester impuissants face à un éventuel changement climatique ? Pas nécessairement. Il faut en effet réaliser qu’il faut de l’énergie pour se protéger des aléas climatiques, froids ou chauds, et qu’un individu qui peut en déployer beaucoup est sûrement mieux protégé qu’un individu qui n’a que peu d’outils, de capital, de ressources pour s’adapter. Il est évident que nous pouvons aussi nous adapter face à un climat plus chaud ou à une augmentation du niveau des océans. Ce n’est donc certainement pas une bonne idée que de vouloir la renchérir davantage à coup de décrets et de taxes.

Même si on admet que tous les actes individuels ne peuvent pas être acceptés, il n’en reste pas moins que tous les contrôles ne sont pas bons à prendre. Les réglementations, les interdictions, les taxes font fi de la responsabilité individuelle et de la très forte contrainte qu’elle fait peser sur les agissements des uns et des autres.

Rappelons qu’un système qui consacre la responsabilité individuelle par une définition stricte des droits de propriété, laisse éclore l’initiative individuelle et le dynamisme entrepreneurial. Les propriétaires d’une ressource sont incités à agir de façon avisée, pour ne pas compromettre la valeur de leur bien. Cependant, une stricte définition des droits ne comprend pas que des avantages pour ce propriétaire qui est tenu responsable de tous les inconvénients que l’utilisation de la ressource pourrait avoir sur la propriété d’autrui.

Le risque qu’il y a à vouloir trop favoriser la voie du contrôle bureaucratique, c’est d’asphyxier les bonnes volontés et déresponsabiliser les individus et ainsi se priver des multiples progrès qu’ils auraient sinon prudemment mis à la disposition de leurs congénères. D’une certaine façon, on peut se réjouir que les solutions réglementaires qui fleurissent avec le défi du changement climatique soient une nouvelle mode car si elles avaient sévies, il y a plusieurs décennies, nous ne bénéficierions sans doute pas de toutes les innovations disponibles aujourd’hui.

L’homme n’est ni un pollueur ni un irresponsable par nature ! Si on le contraint à respecter la propriété d’autrui, il est aussi un formidable créateur de ressource. La responsabilité individuelle n’a pas son pareil pour favoriser l’innovation prudente, le progrès choisi, la technologie avisée. Sophistiquée, elle n’empêche pas la création mais incite à la prudence au risque de se voir gravement et lourdement puni. Ce phénomène est visible au sein des entreprises qui investissent des millions dans leur image de marque et veillent scrupuleusement à leur réputation.

Enfin, taxer le CO2 ou limiter les émissions suppose pour que cela soit efficace, qu’il soit bel et bien responsable du réchauffement climatique. La question vaut la peine d’être soulevée même si on entend en permanence qu’il y a consensus sur le rôle de l’homme dans le réchauffement. Celui-ci, du fait de l’industrialisation, a fortement augmenté les teneurs en CO2 de l’atmosphère au cours du siècle dernier si bien que le climat aurait augmenté de 0,6°C. C’est la thèse la plus répandue et il est devenu difficile de la remettre en question, au risque de se voir accusé parfois de négationniste.

Ces accusations ne peuvent cependant pas cacher que le consensus sur les causes du changement climatique n’existe pas et que de nombreux spécialistes affirment que le rôle de l’homme ne peut être que mineur dans ce changement, qu’il existe d’autres causes plus plausibles et que les modèles sont loin d’être fiables.

En effet, selon un certain nombre de scientifiques dont le Canadien Ian Clark, les Danois Eigil Friis-Christensen et Henrik Svensmark, c’est avant tout le soleil qui jouerait un rôle prédominant dans les évolutions climatiques du fait de sa plus ou moins forte activité et du rôle des rayons cosmiques.

Le consensus n’existe pas non plus sur les conséquences et sur l’ampleur du changement. En effet, Richard Lindzen professeur de science atmosphérique au Massachusetts Institute of Technology (MIT) n’a de cesse de rappeler que les modèles amplifient sans justification l’effet des émissions de CO2. Pour le scientifique, le CO2 est un gaz à effet de serre peu important par rapport aux nuages et à la vapeur d’eau que les modèles ne savent pas modéliser correctement. Paul Reiter de l’institut Pasteur affirme de son côté qu’il n’y pas à craindre d’être envahi par les maladies tropicales du fait du réchauffement.

A propos de la crainte de voir le niveau des mers monter de façon alarmante, l’expert en climatologie Patrick Michaels rappelle que la fonte des glaces ne s’accompagne pas automatiquement par une montée vertigineuse des eaux. En ce qui concerne la disparition des ours polaires, Dr. Mitchell Taylor, biologiste spécialisé dans les ours polaires, rappelle que sur les 13 populations d’ours qui peuplent le Canada, 11 sont stables ou augmentent en nombre.

Ainsi, la science du climat est loin d’être scellée. Les choses ne sont jamais aussi simples et évidentes que veulent nous le faire croire Al Gore ou Sir Nicholas Stern et lutter contre les émissions de CO2 pourrait n’être qu’un coup d’épée dans l’eau, qui coûtera très cher, si elles ne sont pas la cause majeure du changement climatique.

Les solutions réglementaires - sacralisées par le gouvernement français et par les institutions européennes - ne sont donc pas nécessairement les meilleures solutions pour relever les défis environnementaux, en particulier celui du changement climatique et assurer un développement durable. Alors que les objectifs sont loin d’être atteints, l’accentuation des mesures réglementaires pourrait n’avoir aucune influence sur le changement climatique, mais pénalise notre principale source d’énergie et nos capacités futures de trouver de nouvelles sources d’énergie et de mieux nous adapter aux changements climatiques.

Cécile Philippe, directeur général, Institut économique Molinari, et auteur de « C’est trop tard pour la Terre ».



Documents
La Revue Parlementaire n°899 - Sommes-nous sur la bonne voie pour répondre aux défis environnementaux ?
Type : HTML (24.7 ko)
Mis à jour le : 1er juillet 2007




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