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Réchauffement climatique : réglementer ou taxer n’est pas la solution

par Cécile Philippe
jeudi 29 mars 2007.

Article publié par Le Temps le 28 mars 2007.

Au nom du réchauffement climatique et de la lutte contre l’effet de serre, on nous propose de limiter nos émissions de gaz à effet de serre via le protocole de Kyoto ou de taxer le CO2. N’y a-t-il pas tout simplement mieux à faire que de taxer une source d’énergie essentielle au développement des pays pauvres comme des pays riches ?

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Au nom du réchauffement climatique et de la lutte contre l’effet de serre, on nous propose de limiter nos émissions de gaz à effet de serre via le protocole de Kyoto ou de taxer le CO2. C’est d’ailleurs ce que viennent de proposer le PS et les verts en Suisse avec une initiative visant à réduire les émissions de 30% (par rapport à 1990) d’ici à 2020. Ces mesures semblent aujourd’hui acquises pour le plus grand nombre. Cependant il faut se demander si elles sont capables de régler le problème du réchauffement et s’il n’y a pas tout simplement mieux à faire que de taxer une source d’énergie essentielle au développement des pays pauvres comme des pays riches.

Réglementer les émissions ou taxer le CO2, c’est pénaliser notre principale source d’énergie, le pétrole. Qu’on le veuille ou non, aucune source alternative ne peut s’y substituer sans subventions. Le pétrole est tout simplement la clef de voûte de nos sociétés industrialisées. Il est non seulement indispensable pour faire fonctionner les voitures, les avions, les bateaux. Il est aussi présent dans le fioul, le bitume des routes et bâtiments, le plastique, les solvants, nylons, détergents, peintures, colles, huiles, encres d’imprimerie, médicaments (aspirine), paraffine, produits alimentaires (chewing-gum), etc. Bref, vouloir taxer notre énergie ou limiter nos émissions, c’est nous condamner à devoir lui substituer des énergies moins efficaces et plus coûteuses. C’est aussi condamner plusieurs milliards d’individus qui vivent encore aujourd’hui dans une très grande pauvreté.

Cela signifie-t-il que nous sommes condamnés à rester impuissants face à un éventuel changement climatique ? Contre ce changement, il est possible que nous ne puissions pas faire grand-chose. Par contre, il faut réaliser qu’il faut de l’énergie pour se protéger des aléas climatiques, froids ou chauds, et qu’un individu qui peut en déployer beaucoup est sûrement mieux protégé qu’un individu qui n’a que peu d’outils, de capital, de ressources pour s’adapter. L’économiste Julian Simon souligne que si l’énergie devenait extrêmement bon marché, il serait probablement possible d’irriguer et de cultiver les zones désertiques. Il est par conséquent évident que nous pouvons aussi nous adapter face à un climat plus chaud ou à une augmentation du niveau des océans. Ce n’est donc certainement pas une bonne idée que de vouloir la renchérir davantage à coup de décrets et de taxes.

De plus, taxer le CO2 ou en limiter les émissions suppose pour que cela soit efficace, qu’il soit bel et bien responsable du réchauffement climatique. La question vaut la peine d’être soulevée même si on entend en permanence qu’il y a consensus sur le rôle de l’homme dans le réchauffement. Celui-ci, du fait de l’industrialisation, a fortement augmenté les teneurs en CO2 de l’atmosphère au cours du siècle dernier si bien que le climat aurait augmenté de 0,6° C. C’est la thèse la plus répandue et il est devenu difficile de la remettre en question, au risque de se voir accusé parfois de négationniste.

Ces accusations ne peuvent cependant pas cacher que le consensus sur les causes du changement climatiques n’existe pas et que de nombreux spécialistes affirment que le rôle de l’homme ne peut être que mineur dans ce changement, qu’il existe d’autres causes plus plausibles et que les modèles sont loin d’être fiables.

En effet, selon un certain nombre de scientifiques dont le Canadien Ian Clark, les Danois Eigil Friis-Christensen et Henrik Svensmark, c’est avant tout le soleil qui jouerait un rôle prédominant dans les évolutions climatiques du fait de sa plus ou moins forte activité et du rôle des rayons cosmiques.

Le consensus n’existe pas non plus sur les conséquences et sur l’ampleur du changement. En effet, Richard Lindzen professeur de science atmosphérique au Massachusetts Institute of Technology (MIT) n’a de cesse de rappeler que les modèles amplifient sans justification l’effet des émissions de CO2. Pour le scientifique, le CO2 est un gaz à effet de serre peu important par rapport aux nuages et à la vapeur d’eau que les modèles ne savent pas modéliser correctement. Selon lui, aucune catastrophe ne se profile à l’horizon. Paul Reiter de l’institut Pasteur affirme de son côté qu’il n’y pas à craindre d’être envahi par les maladies tropicales du fait du réchauffement.

A propos de la montée du niveau de la mer, l’expert en climatologie Patrick Michaels rappelle que la fonte des glaces ne s’accompagne pas automatiquement par une fonte alarmante des glaces. En effet, il précise que si les températures actuelles étaient capables de réduire la taille des glaciers à une vitesse alarmante, alors les températures d’il y a 8000 ans auraient dû suffire à réduire de moitié la couverture de glace. Or aucune étude sur les niveaux de mer préhistoriques ne permet de croire que ce phénomène se soit produit. En ce qui concerne la disparition des ours polaires, Dr. Mitchell Taylor, biologiste spécialisé dans les ours polaires, rappelle que sur les 13 populations d’ours qui peuplent le Canada, 11 sont stables ou augmentent en nombre.

Ainsi, la science du climat est loin d’être scellée. Les choses ne sont jamais aussi simples et évidentes que veulent nous le faire croire Al Gore ou Sir Nicholas Stern et lutter contre les émissions de CO2 pourrait n’être qu’un coup d’épée dans l’eau si elles ne sont pas la cause majeure du changement climatique.

Ceux qui proposent la réglementation et la taxation des émissions de CO2 sont donc doublement dans l’erreur. Non seulement ces mesures risquent de n’avoir aucune influence sur le changement climatique, mais elles pénalisent notre principale source d’énergie et nos capacités futures de nous adapter aux changements climatiques.

L’auteur vient de publier un livre aux éditions Lattès sur ces questions, intitulé : « C’est trop tard pour la Terre ».

Cécile Philippe, directrice de l’Institut économique Molinari à Paris et Bruxelles.




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