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Radio : Fonds de pension à la française

par Cécile Philippe
mardi 3 septembre 2013.

Chronique de Cécile Philippe, directrice de l’Institut économique Molinari, diffusée sur les ondes de Radio classique.

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Chaque matin, dans « Des Idées Neuves », des professeurs, des directeurs de think tanks, des journalistes agitent, interrogent et bousculent notre système. Leurs projets de réformes inédites et iconoclastes pourraient inciter nos entreprises et nos institutions à imaginer un nouveau modèle économique.

Retrouvez Cécile Philippe, directrice de l’Institut économique Molinari, sur les ondes de Radio classique.

Écoutez le podcast…


Instaurer des fonds de pension à la française

Le gouvernement français a effectivement présenté sa réforme des retraites en omettant complètement de parler de cet aspect des choses et en se focalisant seulement sur le système de retraite par répartition. Or que nous dit un rapport de 2013 du Conseil d’orientation des retraites ?

Il souligne que la France se singularise par le fait que les « transferts publics » (au premier rang desquels figurent les retraites obligatoires par répartition) représentent l’essentiel des ressources des ménages âgés de plus de 65 ans, pas loin de 90%, alors qu’elles sont largement complétées par d’autres ressources dans la plupart des autres pays : retraites par capitalisation, épargne personnelle, ou encore revenus d’activité qui peuvent provenir du retraité lui-même ou d’une personne qui cohabite avec lui.

Bref, notre système de retraite manque vraiment de diversité et il est plus que temps de penser sérieusement à changer les choses.

Mais plusieurs dispositifs existent déjà !

Vous avez raison. Il est déjà possible de s’appuyer en France sur des produits comme le PERP, le Madelin, le PERCO ou l’article 83. Le problème, c’est que l’on a tendance à augmenter la fiscalité sur l’épargne et à réduire les avantages associés à ces produits.

La question en France est plus globale et doit viser à réduire la taxation sur l’épargne en général afin d’inciter massivement les gens à se constituer une épargne complémentaire. Le gouvernement actuel est enclin à faire très exactement l’inverse. D’autre part, il ne faut pas oublier qu’il existe un problème majeur dans le secteur public.

Et que prévoir pour celui-ci justement ?

Concernant le secteur public, l’enjeu n’est pas seulement d’aligner le mode de fonctionnement du public sur celui du privé. Il est plus fondamentalement de provisionner – c’est-à-dire capitaliser – les retraites des fonctionnaires. Lorsque l’État embauche un fonctionnaire de 25 ans, il s’engage aujourd’hui à lui verser une rémunération puis une pension jusqu’à son décès. Les contribuables d’aujourd’hui financent les salaires des fonctionnaires et comptent donc sur les générations futures pour financer leurs retraites. Ce mode de fonctionnement reporte les coûts sur des personnes n’ayant pas voix au chapitre, qu’elles n’aient pas encore le droit de vote ou ne soient pas encore nées. L’État devrait mettre de côté, chaque année, de quoi financer les droits à la retraite des personnels qu’il emploie.

Cette pratique, qui existait dans certains ministères au 19ème siècle, est la seule qui permette d’éviter un basculement des charges sur les générations futures.

Sans ça, la réforme des retraites avec maintien système par répartition est vouée à l’échec ?

Sans ça effectivement, le gouvernement pourra promettre tout ce qu’il voudra, il ne pourra pas empêcher le système par répartition de continuer à dysfonctionner, tout simplement parce que la protection sociale en France est financée par le travail. Or l’emploi se porte mal depuis plusieurs décennies. Si le chômage poursuit sa hausse pour le 27ème mois consécutif, il faut aussi savoir qu’il n’est jamais redescendu en dessous de 7% depuis 1982. Il faudrait donc envisager de revenir à la vraie logique de la répartition sans recours à l’endettement ni à la fiscalité. A défaut d’avoir eu la sagesse de constituer des provisions, permettant de lisser les à-coups conjoncturels, il faut aujourd’hui avoir le courage de réduire les promesses et les pensions à due proportion des ressources tout en permettant aux gens de se constituer une épargne complémentaire.

Donc au passage : sans réforme du marché du travail aussi la réforme des retraites sera un échec

Eh oui et c’est là toute la difficulté d’une réforme pérenne de notre système de retraite. Elle ne peut plus faire l’économie d’une réforme profonde de notre marché du travail qui est l’un des plus fiscalisés et des plus réglementés au monde. Par conséquent, réformer les retraites, c’est aussi inverser la courbe du chômage en diminuant les charges et non en les augmentant, ce qui se révèle être la principale mesure de cette énième réforme des retraites.




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