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Prix des médicaments innovants : un débat tronqué

lundi 3 octobre 2016.

Communiqué de presse

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Paris, le 3 octobre 2016 — Dans les derniers mois, la Ligue contre le cancer, Médecins du Monde et un groupe de 110 cancérologues se sont élevés contre les prix des médicaments innovants. Cette révolte alimentera sans doute les discussions autour du prochain projet de financement de la sécurité sociale dont l’objectif affiché est de maîtriser les coûts.

Pourtant cette démarche est superficielle, à l’image de la dernière campagne de Médecins du Monde. Elle laisse entendre que ce sont les seuls laboratoires qui fixent le prix du médicament. Ils estimeraient pour nous « le prix de la vie » en fonction de leurs critères de rentabilité. D’où l’appel de l’organisation en faveur d’une intervention de l’État pour faire baisser le prix des médicaments.

Ce discours passe sous silence le fait qu’en France le prix du médicament est déjà un prix administré. Il est fixé par des pouvoirs publics en situation de monopole, à partir de leur perception des apports des nouvelles molécules et de leurs coûts de développements et de production. Si le prix de certains médicaments peut paraitre élevé, c’est davantage en raison de facteurs économiques, sanitaires et réglementaires.

Il est impossible de conclure que ces prix administrés sont « indécents » et qu’il y a nécessairement une marge de manœuvre significative pour les faire baisser à court terme, sauf à assumer le risque de nuire à l’innovation pharmaceutique. De même, il est impossible de conclure que plus de régulation générerait plus d’économies. Bien au contraire. La question d’une organisation plus concurrentielle du système de santé pourrait offrir des pistes d’amélioration.

Médicaments innovants : des prix réglementés

En France, commercialiser un médicament est un long parcours réglementaire, jalonné d’instances publiques qui administrent l’autorisation de mise en marché mais aussi le remboursement et le prix du médicament. Qu’il s’agisse de l’ANSM, de l’UNCAM ou du CEPS, le prix fait l’objet d’un contrôle constant par les pouvoirs publics. Par ailleurs, la réglementation contraint les laboratoires à financer une partie des déficits de l’Assurance Maladie en cas de dépassement imprévu des ventes de leurs médicaments.

Un développement long et risqué

La réglementation des prix ne peut cependant être arbitraire et se fonde sur les spécificités de l’industrie. Celle-ci est marquée par un fort besoin de R&D qui est par nature risquée. En effet, les investissements en R&D sont longs – en moyenne 12 années entre la découverte d’une molécule et sa commercialisation – et le taux d’échec est très important – seule une molécule sur 10 000 criblées sera finalement commercialisée. En conséquence, seuls 14 % à 20 % des médicaments innovants commercialisés seront rentables et ces derniers doivent couvrir l’ensemble des échecs de l’industrie sans quoi les innovations futures seraient impossibles.

Des rendements décroissants

À cela s’ajoute le fait que les pathologies qui ne sont pas encore soignées sont par définition les plus complexes, nécessitant toujours plus d’investissement en R&D pour découvrir un traitement. Ainsi, depuis 2008, les investissements en R&D des plus grands laboratoires ont augmenté de 22 %, alors que le nombre de médicaments commercialisés est resté stable.

Au total, le coût actuel d’un médicament innovant s’établit à plus de 4 milliards d’euros.

Par ailleurs, ces médicaments ciblant un nombre de plus en plus restreints de patients, la logique économique contraint à fixer un prix par patient de plus en plus élevé.

Une réglementation coûteuse

Au-delà des contraintes économiques, les délais d’autorisation ainsi que l’incertitude relative aux modalités de remboursement impliquent des coûts supplémentaires qui peuvent expliquer en partie l’importance des prix.

Deux voies possibles

La régulation actuelle des prix semble imparfaite et pourrait mettre en péril la pérennité du système car elle ne permet pas en même temps d’assurer l’innovation médicamenteuse, de fournir un accès aux thérapies nouvelles à tous et de maîtriser les dépenses publiques. Dans ce contexte, une autre voie est possible qui mettrait en concurrence la fixation du prix par les acteurs décentralisés – laboratoires et assureurs – afin de s’assurer que le prix des médicaments soit le plus faible possible compte tenu des contraintes économiques du secteur.

Ainsi, pour l’auteur de l’étude, Pierre Bentata, il existe probablement deux voies en matière de prix. Celle empruntée par les pouvoirs publics visant à réguler sans cesse des procédures de fixation de prix imparfaites, et celle s’appuyant sur une réelle mise en concurrence dans la fixation des prix, faisant confiance à des acteurs décentralisés. La dernière voie est sans aucun doute la plus prometteuse, mais elle constituerait une rupture avec la pratique actuelle.

L’étude « Médicaments innovants : les prix sont‐ils trop élevés ? » est disponible sur notre site web.

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L’Institut économique Molinari (IEM) est un organisme de recherche et d’éducation qui vise à entreprendre et à stimuler l’approche économique dans l’analyse des politiques publiques. Il s’est fixé comme mission de proposer des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l’ensemble des individus composant la société.

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Informations et demandes d’interviews :
Cécile Philippe, PhD
Directrice, Institut économique Molinari
cecile@institutmolinari.org
+33 6 78 86 98 58




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