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Primaires de la droite : débat avec Frédéric Lefebvre

par Patrick Coquart
mercredi 13 juillet 2016.

Compte rendu publié en exclusivité sur le site de l’Institut économique Molinari.

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La dizaine d’associations et think tanks – dont l’Institut économique Molinari (IEM) – qui, sous l’égide de l’Aleps (Association pour la liberté économique et le progrès social), ont entrepris d’auditionner les candidats déclarés à la primaire de la droite et du centre, ont poursuivis leurs travaux le 4 juillet 2016 en recevant Frédéric Lefebvre. Retrouvez ci-dessous, comme pour Hervé Mariton, les impressions de Patrick Coquart, chercheur associé. Rappelons qu’elles ne constituent pas une prise de position en faveur ou défaveur d’un candidat et n’engagent pas l’IEM, qui ne prend parti pour aucun candidat, conformément à sa vocation d’éducation économique.


Comme lors de l’audition d’Hervé Mariton, j’ai été très attentif aux propos qu’a tenus le député des Français d’Amérique du Nord et ancien ministre du Commerce et de l’Artisanat à la Maison des Mines et des Ponts et Chaussées. Et en particulier à la méthode de conduite du changement qu’il préconise.

L’esprit général

Frédéric Lefebvre affirme ne pas être « un candidat de plus, mais celui qui porte un projet différent ». Il se présente comme le candidat « anti-système », celui qui entend « changer le logiciel » de la France et « remettre à plat tout le bazar ».

Pour aller contre le système actuel, il fait donc des propositions qui ont pour objectif de renverser les choses. C’est souvent intéressant, mais cela ne forme pas un tout cohérent. On a plutôt l’impression que Frédéric Lefebvre est allé pioché par-ci par-là des réformes originales et dont il espère qu’elles lui permettront de se démarquer de ses compétiteurs.

Les mesures phares

Plusieurs des mesures proposées par Lefebvre se détachent comme :
- la mise en place d’une allocation universelle de base ;
- la liberté d’assurance pour les indépendants avec la mise en concurrence de leur régime social (RSI) ;
- la création de quotas d’entrepreneurs, agriculteurs et artisans chez les parlementaires ;
- la suppression de l’ISF et de l’impôt sur le revenu pour les remplacer par une flat tax.

La méthode

Sur la méthode, le candidat Lefebvre n’a pas été prolixe. On sait qu’il s’est déclaré favorable à un gouvernement d’union nationale (Les Échos du 3 février 2016). Pour réformer, selon lui, « il faut additionner ». Il défend, dans le même ordre d’idées, des coalitions thématiques, notamment sur les questions relatives à l’emploi. C’est sans doute pourquoi il a voté la loi El Khomri, du moins dans sa première mouture. Nous pouvons penser que nous tenons là un élément de sa méthode.

Autre élément de méthode, la « démocratie participative ». Il s’agit de permettre aux citoyens de s’exprimer, de proposer. « Le vote, dit-il, ne peut pas rester le seul moyen d’expression citoyenne ». C’est ainsi qu’il s’oppose aux ordonnances, au fameux 49-3. Pour Frédéric Lefebvre, « on ne peut plus y aller à la hache, on ne peut plus passer en force ». Il faut donc s’appuyer sur les citoyens avec lesquels « on peut se battre contre le système ». Cette « stratégie » demande, à notre sens, beaucoup de doigté pour ne pas tomber dans la « démocratie trompeuse d’internet ».

Sur la réduction des dépenses, Frédéric Lefebvre a été peu disert. On ne sait pas vraiment comment il s’y prendra s’il est élu.

En revanche, ce qui nous semble beaucoup plus prometteur, c’est l’idée de donner aux non-salariés la liberté de s’assurer auprès de la compagnie de leur choix, et donc de supprimer le monopole du tant décrié RSI (la « Sécu » des indépendants).

C’est une réforme qui pourrait recueillir l’adhésion des entrepreneurs qui sont tous vent debout contre le RSI. Les salariés, non concernés, ne devraient pas s’y opposer.

Cette mesure, qui consiste en fait à donner à des volontaires la possibilité de sortir du « système » et d’explorer d’autres pistes, est à mon sens, une vraie innovation. Frédéric Lefebvre pourrait encore se démarquer des autres candidats s’il proposait de l’étendre à d’autres domaines.

Conclusion

Frédéric Lefebvre a des propositions intéressantes. En bon politique, il sait humer l’air du temps et capter ce qui peut à la fois plaire aux électeurs et le servir. Mais cela n’est pas toujours cohérent.

Je suis probablement moins intelligent que lui, c’est pourquoi j’ai besoin qu’il m’explique à nouveau comment il peut être pour le revenu universel et dans le même temps déclarer que « l’assistanat emprisonne tout le monde ».

La prochaine rencontre est prévue le 5 septembre 2016 avec François Fillon. Nous serons, bien entendu, présents.

Patrick Coquart est chercheur associé à l’Institut économique Molinari.




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