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Pourquoi Kyoto et ses dérivés nuisent aux générations présentes et futures

par Xavier Méra
mardi 6 décembre 2005.

Article publié par l’Agefi le 5 décembre 2005.

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C’est dans la fraîcheur automnale de Montréal que le sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique a débuté le 28 novembre. Au-delà de l’application de l’accord déjà passé entre les 34 pays signataires, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2012, l’ordre du jour est aussi à l’après Kyoto. Les partisans du protocole conviennent en effet qu’il n’est qu’un premier pas et que le réchauffement climatique requiert une réponse politique plus forte. Les restrictions déjà adoptées seraient insuffisantes. Cependant, il n’est pas interdit de s’interroger sur la pertinence des principes guidant de telles propositions.

Les politiques restrictives sont généralement défendues sans égard à leur coût, dans la droite ligne du principe de précaution. En effet, lorsqu’on prétend « qu’en cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives, visant à prévenir la dégradation de l’environnement » [1], on omet de considérer que les restrictions ainsi défendues ont un prix. Leur bénéfice apparaît alors comme évident puisqu’on fait comme s’il n’y avait rien à perdre à prendre la « précaution ».

Il y a pourtant quelque chose à perdre à appliquer le protocole de Kyoto, à l’étendre ou à le renforcer. Les activités visées par le protocole ne sont pas entreprises pour le simple plaisir d’émettre des gaz mais pour servir les processus de production d’une multitude de biens et services. Les restrictions d’émissions impliquent donc nécessairement une réduction de la disponibilité de ces biens pour les consommateurs. Autrement dit, au nom d’une éventuelle dégradation future des conditions de vie, on doit d’ores et déjà accepter que les niveaux de vie actuels soient diminués. C’est le coût caché de la « précaution ».

L’intérêt des restrictions ne peut donc être évalué qu’à l’aune de leurs bienfaits présumés. Comme pour tout autre choix, la restriction autoritaire des émissions de gaz à effet de serre présente des avantages et des inconvénients. Mais qu’en est-il des avantages escomptés ? Les hypothèses retenues par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, hypothèses faisant autorité dans les négociations intergouvernementales, retiennent que l’application du protocole de Kyoto ne permettrait que de reporter de quelques années à l’échelle d’un siècle la hausse des températures, un report de 6 ans dans l’éventualité d’une hausse de 2°C [2]. Ainsi, l’impact climatique de l’application du protocole serait très faible pour les prochaines générations et invisible pour la nôtre.

Nous avons donc affaire à des propositions dont l’application nécessite un appauvrissement immédiat et certain des populations qui y sont soumises, en vue d’obtenir un avantage marginal et incertain pour des générations futures. Cependant, même ce supposé avantage devrait susciter un certain scepticisme quant aux velléités de restrictions actuelles. De même que le niveau de vie de la génération présente dépend des efforts accumulés des générations passées, le niveau de vie des générations futures sera lui aussi fondé sur un héritage. Moins elles pourront bénéficier des efforts productifs d’aujourd’hui, plus elles seront appauvries et moins elles seront armées face aux aléas climatiques. Un radeau aura moins de chances de rester à flot dans une tempête qu’un paquebot, demain comme aujourd’hui.

Xavier Méra est chercheur associé à l’Institut Economique Molinari.

[1] C’est la définition du principe de précaution édictée lors de la conférence de l’ONU sur la diversité biologique à Rio (1992).
[2] Cf. Bjorn Lomborg, L’écologiste sceptique, Le cherche-midi (2004).



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