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Plaidoyer pour la concurrence !

par Cécile Philippe
mardi 16 octobre 2007.

Une version de cet article a été publiée au Luxembourg par le journal Le Quotidien, le 17 septembre 2007.

Le 17 septembre dernier, la Cour européenne de justice (CEJ) a annoncé le verdict final concernant le cas de la société Microsoft condamnée en mars 2004 par les autorités antitrust de la CE. La condamnation de 2004 a consacré une vision caricaturale de la concurrence et il faut espérer, au nom des consommateurs, que la décision finale la renversera.

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Le 17 septembre dernier, la Cour européenne de justice (CEJ) a annoncé le verdict final concernant le cas de la société Microsoft condamnée en mars 2004 par les autorités antitrust de la Commission européenne. Celle-ci reproche à la société d’avoir intégré un lecteur multimédia dans son système d’exploitation Windows et ainsi d’abuser de sa position dominante sur ce marché des lecteurs. La condamnation de 2004 a consacré une vision caricaturale de la concurrence et il faut espérer, au nom des consommateurs, que la décision finale la renversera.

La concurrence est dynamique et ne correspond pas en cela à la conception qu’en ont les autorités antitrust. Pour ces dernières et conformément au modèle de concurrence pure et parfaite, la concurrence n’existe que si de nombreux producteurs agissent sur un marché bien défini et s’ils sont incapables d’influencer le prix, aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Dans ces conditions, la concurrence fonctionne correctement et les consommateurs en tirent le bénéfice maximum.

C’est dans cette vision des choses – où l’innovation et la prise de risque par les entrepreneurs pour lancer de meilleurs produits et gagner des nouveaux clients sont absentes – que la notion de part de marché prend une importance cruciale puisque c’est grâce à cette mesure que les autorités en charge de veiller à la bonne concurrence vont pouvoir identifier si un acteur est trop « puissant » sur un marché quelconque, à un moment donné, et de l’accuser le cas échéant d’abuser de sa position jugée dominante.

Répondre aux besoins des consommateurs

Ce qui est toujours reproché in fine à un acteur seul sur un marché, c’est de pouvoir réduire la production et ainsi augmenter à sa guise les prix et donc de nuire aux consommateurs. Cela ignore le fait que si le producteur agit de la sorte – et en l’absence de barrières légales à l’entrée – il crée autant d’opportunités de profit pour d’autres producteurs qui auront alors intérêt à entrer sur le marché et de contrecarrer ainsi les plans du producteur unique. Plus encore, il est parfois normal d’avoir un seul acteur dans un secteur capable de répondre au mieux à toute la demande.

Pourquoi ? Parce qu’il faut bien réaliser que pour que plusieurs acteurs soient présents sur une niche, des ressources rares (main-d’oeuvre, machines, équipements, matières premières, etc.) doivent être prises ailleurs, là où elles contribuent à augmenter la production et baisser les prix. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que pour les consommateurs, il peut être plus urgent de produire ces autres biens que de maintenir des prix bas dans la niche du producteur unique. Si ce dernier se maintient seul sur un marché sans l’aide de réglementations spécifiques à son égard, c’est simplement que les ressources nécessaires pour ajouter un producteur sur ce marché sont plus utiles ailleurs.

C’est ainsi que fonctionne la concurrence et c’est pour cette raison que les marchés peuvent avoir des configurations très différentes – avec un nombre plus ou moins important de producteurs, voire un seul – et qu’ils ne sauraient se conformer à la vision étriquée que veut lui calquer le modèle cher aux autorités antitrust. La décision de la Cour européenne de justice est donc importante car elle pourrait inciter la Commission à tenir compte du fonctionnement réel de l’économie et à cesser de poursuivre bon nombre d’entreprises sur la base de conceptions erronées.

Cécile Philippe, directrice générale, Institut économique Molinari




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