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Mathieu Laine annonce le monde d’après

par Bogdan Calinescu
mercredi 18 février 2009.

C’est le troisième livre de Mathieu Laine. Comme les précédents, l’ouvrage est passionnant et original. L’auteur, âgé de seulement 33 ans, imagine déjà un nouveau monde, le Post politique (Lattès, 2009).

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C’est le troisième livre de Mathieu Laine. Comme les précédents, l’ouvrage est passionnant et original. L’auteur, âgé de seulement 33 ans, imagine déjà un nouveau monde, le Post politique (Lattès, 2009).

J’aimerais beaucoup que Mathieu Laine ait raison. Non seulement parce que je partage ses prises de position mais aussi parce que la France – et le monde en général – aurait besoin de tous ces changements qu’il imagine dans son ouvrage. Drôle de moment pour faire sortir un essai avec un titre pareil Alors que nous assistons au retour en force du politique et des politiques publiques, Mathieu pense que la vraie rupture ne va pas tarder, celle où l’individu prendra la place du politique : « Il est temps de remiser la politique d’avant, avec ses vieilles recettes et ses mauvais errements, d’oser changer de paradigme, de faire appel à la culture et aux talents de chacun, de cesser de vouloir tout contrôler d’en haut, de redistribuer le pouvoir confisqué, et très souvent, mal géré… Un horizon qui, osons rêver, fera de nous des hommes plus libres, plus responsables, plus autonomes et plus ouverts ».

Selon l’auteur, la crise aura probablement des conséquences bénéfiques. Elle montrera que le roi est nu. Longtemps adulé, le politique, se retrouvera dans une situation délicate. Ses recettes ne marcheront pas. Situation dangereuse quand la récession est là. Les électeurs peuvent être réceptifs aux sirènes marxistes, les syndicats reprennent du poil de la bête et les résultats des élections deviennent de plus en plus imprévisibles. Le retour du politique, conditionné par le court-termisme et le pragmatisme n’est qu’un leurre pour Mathieu. Son heure est passée. Même en France où l’activisme du président ne mènera pas à une emprise plus forte sur la société. L’État-providence tel que nous le connaissons est fini.

L’économie et la mondialisation ont eu raison de l’époque du politique. « La politique s’appauvrit. La politique se meurt. Il y a des résistances ici et là mais une nouvelle ère semble se profiler à l’horizon. »

Très justes, les pages consacrées à la crise financière et ses véritables causes, à la situation – de plus en plus inquiétante – en Amérique et à l’interventionnisme galopant du nouveau président. Enrichissants et claires, les chapitres sur « les mythes fondateurs du monde « politique » (très instructive la dissection du marxisme et de la droite « réactionnaire ») et sur la « réinvention de l’interventionnisme » (pourquoi faut-il le réinventer ?). L’auteur introduit le concept de « nudge », une sorte d’interventionnisme « soft » venant plus de la part des organismes privés.

Mathieu Laine est confiant et maître de son sujet. Il sous-estime peut-être un peu le politique, sa capacité d’adaptation, son sens inné (pas chez tous les politiques) du moment à saisir, de l’« affaire » qui pourrait lui servir. Il ne faut pas l’enterrer si vite, il peut encore rebondir. Ce qui est sûr c’est que le monde d’aujourd’hui, tel qu’il évolue ces dernières années, l’isole de plus en plus et lui laisse de moins en moins des marges de manoeuvre. Difficile de définir les fonctions régaliennes auxquelles doivent se restreindre les actions du politique. Pour celui-ci, toute intervention est une fonction régalienne. Faut-il marquer la différence entre l’élu et le nommé ? Je pense que oui, l’élu de la Nation est bien choisi, à tort ou à raison, par le peuple.

« Il est grand temps de donner, en un mot, le pouvoir à chacun d’entre nous », écrit l’auteur à la fin du livre. Pourvu que son souhait se réalise…




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