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Le salarié moyen français reste en 2017 le plus taxé de l’Union européenne et son avenir est incertain en dépit des réformes annoncées

mercredi 26 juillet 2017.
Il travaillera jusqu’au 29 juillet pour financer les dépenses publiques, un mois ½ de plus que la moyenne de l’UE, sa situation pourrait ne pas s’améliorer significativement l’an prochain.

Communiqué de presse

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Paris, le jeudi 27 juillet 2017 - Grâce à des données calculées par EY, l’Institut économique Molinari publie pour la 8ème année consécutive son étude sur la pression fiscale et sociale réelle du salarié moyen de l’Union européenne (UE).

Ce classement présente la spécificité de fournir la pression fiscale et sociale réellement supportée par les salariés moyens, pour l’année en cours avec une méthodologie robuste et uniforme dans toute l’UE, permettant d’appréhender l’impact réel des impôts et charges et de leurs évolutions.

Nouveauté, l’étude (38 pages, lien ci-dessous) chiffre le gain de pouvoir d’achat à attendre l’an prochain dans le cadre de la réformes des charges sociales proposé par le gouvernement français.

JOURS DE LIBÉRATION FISCALE ET SOCIALE 2017 DU SALARIÉ MOYEN

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STABILITÉ DANS LE TRIO DE TÊTE DES PAYS FISCALISANT LE PLUS LE SALARIÉ MOYEN

Comme l’an passé, les 3 champions de la fiscalisation du salarié moyen sont la France, la Belgique et l’Autriche :
1. La France reste la championne de la fiscalité de l’Union européenne, avec 57,41 % de taxation et une libération fiscale et sociale le 29 juillet ;
2. La Belgique, avec 56,74 % de taxation et une libération fiscale et sociale le 27 juillet, reste numéro 2 ;
3. L’Autriche, avec 54,28 % de taxation et une libération fiscale et sociale le 18 juillet, reste 3ème.

Avant de disposer comme bon lui semble de 100 € de pouvoir d’achat réel, le salarié moyen doit faire face à 135 € de charges et d’impôts en France, 131 € en Belgique et 119 € en Autriche. Par comparaison, la moyenne de l’UE est de 85 €.

Dans 7 pays, plus de la moitié des revenus liés au travail sont prélevés au titre des impôts et charges (France, Belgique, Autriche, Allemagne, Grèce, Italie et Hongrie). Le salarié moyen n’a pas de maîtrise directe sur plus de 50 % des fruits de son travail, son influence sur la prise de décision étant, au mieux, indirecte.

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UNE PRESSION FISCALE ET SOCIALE QUI BAISSE EN MOYENNE DANS L’UE

Le taux réel d’imposition du salarié moyen de l’UE est désormais de 44,80 %.

Pour la 3ème année consécutive, la fiscalité supportée par le salarié moyen baisse (-0,16 % par rapport à 2016).

Sur un an, 15 pays de l’UE participent à la baisse des prélèvements sur le salarié moyen et 13 constatent une hausse.

L’écart entre les 19 pays de la zone euro et les 9 pays hors zone euro continue de s’accentuer (1,16 %). La zone euro bénéficiait d’une fiscalité plus favorable, mais la situation s’est inversée en 2014. La zone euro ressort à 45,18 % contre 44,02 % pour les autres pays de l’UE en 2017.

LE SALARIÉ FRANÇAIS EST LE PLUS FISCALISÉ DE L’UE, AVEC DES CHARGES SOCIALES SUPÉRIEURES AU POUVOIR D’ACHAT RÉEL

Le salarié moyen français est en théorie parmi les mieux payés avec 56 499 € (6ème rang de l’UE), mais il est si fiscalisé (57,41 % de charges et impôt sur son salaire complet, 1er rang de l’UE), qu’il ne lui reste que 24 062 € en pouvoir d’achat réel (11ème rang de l’UE).

Alors que son employeur fait face à un coût du travail du même ordre que les pays du Nord de l’UE, le salarié moyen a un pouvoir d’achat intermédiaire entre celui des pays du Nord et des pays du Sud.

Pourtant mieux payé que l’allemand ou le danois, le salarié moyen français dispose de 11 % de pouvoir d’achat en moins que le premier et de 34 % en moins que le second.

À elles seules, les charges sociales (28 223 €, 1er rang de l’UE) représentent plus que le pouvoir d’achat réel (24 062 €, 11ème rang), situation unique dans l’UE.

DES PROJETS DE RÉFORMES EN DEMI MESURE

Vu du salarié moyen, la situation est triplement inquiétante :
1. il supporte un taux de pression fiscal sans égal ;
2. ses administrations publiques figurent parmi les plus déficitaires de l’UE (-3,4 % de déficit public par rapport au PIB en 2016, seule l’Espagne faisant moins bien) ;
3. les projets de réforme ne sont pas de nature à améliorer profondément sa situation comparativement à ses collègues européens.

Les chiffrages de l’IEM montrent que si la réforme Macron des charges sociales avait été appliquée dès cette année, le taux de pression fiscale et sociale sur le salarié aurait seulement baissé de 0,59 points, à 56,83 %. Plus de 2/3 du gain lié à la baisse des charges sociales serait effacé par les hausses de CSG et d’impôts, ces effets négatifs se cumulant puisqu’une partie de la CSG est imposable.

La France serait restée championne de la fiscalité de l’Union européenne (56,83 %), devant la Belgique (56,74 %) et l’Autriche (54,28 %).

Seule la transformation, tant attendue, du CICE en baisse pérenne de charges patronales aurait permis de gagner une position, en restituant à la Belgique la place de champion de la fiscalité sur le salarié moyen qu’elle a abandonné l’an passé suite à la mise en place d’un « tax shift ».

Cette transformation devrait intervenir l’an prochain. Pour autant, la France n’est pas assurée de perdre la place de championne de la fiscalité en 2018, car de nouvelles baisses de charges sont attendues en Belgique.

PLUS DE CHARGES ET D’IMPÔTS NE SIGNIFIE PAS PLUS DE BIEN-ÊTRE

L’étude montre que la pression fiscale et sociale française n’est pas synonyme de mieux vivre. Aucun des 3 pays les plus fiscalisés ne figure dans les 3 premiers pays en terme de développement humain ou de bien-être.

Le croisement avec des travaux de référence d’organismes internationaux de premier plan montre notamment que la France, 1ère de l’UE en taux d’imposition réel du salarié moyen, n’est que :
• 8ème de l’UE dans la dernière livraison de l’Indice de développement humain des Nations unies ;
• 11ème de l’UE dans la dernière livraison de Better Life de l’OCDE (22 pays de l’UE notés).

La qualité de vie semble significativement meilleure dans plusieurs pays ayant une pression fiscale et sociale moindre, en dépit d’une tradition sociale proche, tels que l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas ou la Suède.

CITATIONS

Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari et co-auteure :
« Depuis des années, cet indicateur de l’IEM montre à quel point la situation de la France est inquiétante et diverge du reste de l’Europe. Outre le fait de détenir le trophée du pays fiscalisant le plus son salarié moyen, la fiscalité française se maintient à un niveau très élevé, alors qu’elle baisse ailleurs.

Le projet de baisse des charges sociales est donc particulièrement important. Malheureusement, il risque de ne pas être à la hauteur des enjeux. Vu du salarié moyen, les baisses annoncées seront en grande partie compensées par des hausses de CSG ou des effets de bord liés à l’impôt sur le revenu. Une fois de plus, chercher à réformer la fiscalité du travail sans repenser le fonctionnement de la protection sociale française nous condamne à des mesures de faible portée ».

Nicolas Marques, chercheur associé à l’Institut économique Molinari, co-auteur :
« Dans les dernières années, on a passé beaucoup trop de temps sur des sujets non prioritaires. On a débattu de la forme idéale du bulletin de paie ou du prétendu intérêt du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, en oubliant l’enjeu sociétal que constitue la baisse des dépenses publiques non soutenables.

Conséquence, la croissance reste faible, le chômage reste anormalement élevé. Nos déficits publics sont désormais les plus élevés de l’Union européenne, après l’Espagne.

Au lieu de chercher, en vain, à optimiser la répartition de la charge fiscale entre entreprises et salariés, actifs et retraités, impôts ou dettes, nous devrions nous atteler à redéfinir le périmètre de l’action publique. Sans cela, nos administrations sont condamnées à fonctionner avec des expédients et nous restons à la merci du moindre retournement conjoncturel. »

James Rogers, chercheur associé à l’Institut économique Molinari, co-auteur :
« Les salariés français et belges consacrent plus de la moitié des sommes distribuées par leurs employeurs en charges et impôts. Cela vaut la peine de se demander pourquoi ils ne reçoivent pas en retour les meilleures écoles, les meilleurs soins de santé ou les retraites les plus généreuses et pourquoi ils ne sont pas en tête des indicateurs de développement humain ou de bien-être. »

À PROPOS DES AUTEURS ET DE LA MÉTHODE

Le Jour de libération fiscale et sociale est le jour où le salarié moyen arrête en théorie de payer des charges et des taxes et peut disposer à sa guise des fruits de son travail.

La particularité de cet indicateur de liberté économique est de rendre concrète la situation des salariés moyens de l’UE en intégrant la fiscalité sur le travail (charges sociales et impôt sur le revenu) et la consommation (TVA) de chaque pays. Les calculs des charges sociales patronales, salariales et des impôts sur le revenu sont faits par EY pour les 28 pays de l’UE.

L’étude est écrite par Cécile Philippe, Nicolas Marques et James Rogers de l’Institut économique Molinari (IEM).

L’Institut économique Molinari (Paris-Bruxelles) est un organisme de recherche et d’éducation indépendant. Il vise à stimuler l’approche économique dans l’analyse des politiques publiques, en proposant des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l’ensemble des individus composant la société.

L’ÉTUDE EST DISPONIBLE EN :

• français à : http://www.institutmolinari.org/IMG…
• anglais à : http://www.institutmolinari.org/IMG…

POUR TOUTE INFORMATION OU INTERVIEW, CONTACTER LES AUTEURS

• Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari (Paris, français ou anglais), cecile@institutmolinari.org, +33 6 78 86 98 58
• Nicolas Marques, chercheur associé à l’Institut économique Molinari (Paris, français), nicolas@institutmolinari.org, +33 6 64 94 80 61
• James Rogers, chercheur associé à l’Institut économique Molinari (Bruxelles, anglais), james@institutmolinari.org, + 32 497 946 840




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