Brèves de l’IEM

L’IEM s’attaque à la blogosphère ! Deux blogs accueillent déjà nos réactions à l’actualité sur les sites du Journal du Dimanche et du journal La Provence. Proposés à leurs lecteurs, nous vous invitons à les découvrir à votre tour !



Pour soutenir notre action :
Appuyer l'iem
Partager nos travaux :

Joignez notre groupe sur Facebook

Le Conseil d’Orientation des Retraites sous influence ?

par Nicolas Marques
jeudi 21 janvier 2010.

Brève publiée le 21 janvier 2010 sur le site du Journal du Dimanche.

rien

En 2010, l’ensemble des régimes obligatoires de retraite devrait afficher un besoin de financement supérieur à 25 milliards. Ce chiffre, calculé en additionnant les déficits des régimes du privé et une partie des déficits publics, correspond au déficit qu’on pensait atteindre en 2020. Dans sa dernière projection, datant de 2007, le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) tablait en effet sur un besoin de financement à 15,1 milliards d’euros en 2015 et 24,8 milliards en 2020, chiffres qui devraient être dépassés dès cette année.

Officiellement, cette erreur de prévision serait due à la crise actuelle, par nature imprévisible. Mais à regarder les projections de 2007 de plus près, on se rend compte que le COR avait travaillé à partir d’hypothèses qu’aucun actuaire indépendant n’aurait retenues. Il tablait sur un chômage ramené à 4,5% en 2015, un taux jamais atteint en France depuis trente ans… Avec une hypothèse aussi peu réaliste, il n’est pas surprenant que les projections sur l’équilibre des régimes de retraites soient erronées et que le déficit prévu pour 2020 soit déjà atteint.

Une telle légèreté de la part d’une institution destinée à « orienter » le débat sur les retraites, sujet fondamental engageant l’avenir de tous les Français, est inquiétante. L’explication de ce dérapage n’est en aucun cas technique. Le COR a accès à toutes les ressources de la statistique publique ; il n’a pas pu pécher par amateurisme. Les raisons de cette erreur sont vraisemblablement politiques. Le COR est liée à la fois aux pouvoirs publics, qui le financent et désignent ses membres, et aux partenaires sociaux, qui sont très nombreux à y siéger. Il court sans doute plus de risques à déplaire à ces derniers qu’à publier des prévisions de nature à légitimement semer le doute sur la pérennité de nos régimes de retraites.

Nicolas Marquès est chercheur associé à l’Institut économique Molinari




Institut économique Molinari : proposer des solutions alternatives et  innovantes favorables à la prospérité de l’ensemble des individus composant la  société

Institut économique Molinari
Paris - Bruxelles - Montréal