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La lutte contre le changement climatique menace les pauvres

par Cécile Philippe
mardi 19 septembre 2006.

Article publié par l’Agefi dans la parution du 8 - 9 - 10 septembre 2006.

De nombreux rapports, dont celui de mai dernier de l’ONG britannique Christian Aid, annoncent que le changement climatique risque d’être à l’origine de la mort de dizaine de millions d’habitants des pays pauvres au XXIe siècle.

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De nombreux rapports, dont celui de mai dernier de l’ONG britannique Christian Aid, annoncent que le changement climatique risque d’être à l’origine de la mort de dizaine de millions d’habitants des pays pauvres au XXIe siècle. Les raisons invoquées sont « les inondations, les famines, les sécheresses et la guerre ». La solution proposée : aider l’Afrique subsaharienne à délaisser les énergies fossiles, comme le pétrole ou le gaz, au profit des énergies renouvelables et non polluantes.

Ce que nous voudrions savoir, c’est à combien s’élèvera le nombre de morts dans les prochaines décennies si on propose à des pays pauvres de s’appauvrir encore plus, car il n’est pas vrai que le changement climatique ne présente que des inconvénients et il est dangereux de croire que les mesures forcées de substitution d’une énergie à une autre ne feront aucune victime.

Les discussions sur le changement climatique présentent de façon dogmatique les risques liés au réchauffement de la terre et omettent presque systématiquement de préciser que le réchauffement présente aussi des avantages. On semble ignorer qu’il pourrait aussi être bénéfique pour l’agriculture en stimulant la croissance des plantes ou en allongeant les périodes favorables à la culture.

Le réchauffement devrait ainsi rendre cultivable des zones aujourd’hui inutilisables au centre du Canada ou en Russie, par exemple. Il pourrait s’avérer positif pour la survie de certaines espèces d’oiseaux qui passent l’hiver en Europe.

Le débat adopte aussi la position très risquée d’omettre le coût qu’il y a à renoncer aux énergies fossiles. Ce coût sera immédiat en termes de pouvoir d’achat pour les individus. En effet, il est important de réaliser par exemple que le poisson ou le riz qu’une personne absorbe lors d’un repas quotidien n’est pas arrivé sur son assiette tout seul.

Avant de pouvoir être consommés, ces aliments ont dû être produits et transportés jusqu’à leur destination finale. Or, de telles opérations sont impossibles sans l’utilisation des technologies qui émettent des gaz à effet de serre, et ce tant que d’autres technologies efficaces ne sont pas disponibles à moindre coût.

La limitation des activités émettrices de gaz à effet de serre par des mesures autoritaires va donc augmenter leur coût de production, diminuer le niveau de biens produits et augmenter leur prix. La satisfaction des besoins de première nécessité sera rendue plus difficile, tout comme celle d’une quantité infinie d’autres besoins.

Cette éventualité sera dramatique pour des individus qui vivent avec moins d’un dollar par jour. C’est ce qui a fait dire au gouvernement indien que son pays ne pouvait certainement pas limiter l’usage des énergies fossiles.

En acceptant sans discussion la limitation des gaz à effet de serre, on accepte en fait un appauvrissement généralisé de la population. C’est d’autant plus dommageable que l’impact des gaz à effet de serre sur le changement climatique reste encore aujourd’hui controversé et qu’il est possible que l’on se ruine aujourd’hui sans aucun résultat significatif sur le climat.

C’est pourquoi il est temps de lancer un vrai débat sur le thème du changement climatique.

Cécile Philippe est directrice de l’Institut Economique Molinari et Senior fellow au Centre for the New Europe.




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