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L’obsolescence programmée : solutions possibles

par Patrick Coquart
vendredi 30 octobre 2015.

Texte d’opinion publié en exclusivité sur le site de l’Institut économique Molinari.

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L’obsolescence programmée ne serait donc qu’un « mythe » ? (voir 1ère partie) Les deux ingénieurs des Mines qui ont travaillé sur l’idée d’obsolescence programmée se demandent s’il n’existe pas des solutions pour « aller vers des cycles de vie des produits plus vertueux au plan environnemental ». Quelles seraient ces solutions ?

Pour Lombès et Poubeau, la première erreur serait d’imaginer la possibilité « d’une solution universelle applicable à tous les produits ». En effet, chaque secteur a ses logiques techniques, économiques et marketing propres. Par exemple, « il est inutile de fabriquer des produits très durables s’ils sont fortement soumis à des effets de mode ».

Un deuxième écueil, selon les deux ingénieurs, serait, comme on est en train de le faire, de créer un délit d’obsolescence programmée, qu’il serait très difficile de prouver. De plus, la législation actuelle – entre la garantie contre les vices cachés et la nouvelle action de groupe (ou class action) – permet déjà au consommateur de se défendre. Ainsi, « la création d’un délit ne serait donc qu’un affichage politique clivant ».

Autre solution souvent mise en avant : la garantie à 10 ans. Celle-ci, simple en apparence, aurait beaucoup d’effets pervers. Par exemple, « les entreprises peuvent très bien choisir de ne pas modifier la conception des produits et de remplacer à l’identique ceux qui sont défectueux pendant la période de garantie. Dans ce cas, la garantie serait une simple assurance obligatoire n’ayant aucun impact environnemental. » Par ailleurs, le prix des produits serait, de facto, augmenté, au détriment des plus modestes.

Plus efficace semble être le concept de remanufacturing qui commence à s’étendre dans l’industrie automobile et l’électroménager. Il s’agit de « concevoir des objets modulaires composés de sous-ensembles aisément démontables » et réparables avec des coûts raisonnables.

De même, le réemploi et la réutilisation sont des pistes prometteuses. Ainsi, « certains produits sont prévus dès leur conception pour avoir plusieurs vies. Par exemple, les batteries des véhicules électriques pourront être utilisées dans des centres de stockage fixes de l’électricité après avoir servi dans plusieurs véhicules. » Citons également, sans nous étendre, l’économie du partage et de la fonctionnalité.

En revanche, la solution proposée par les deux auteurs et consistant à créer un label, à l’instar de l’étiquette énergie que l’on trouve sur les produits électroménagers ou les appartements, ne nous apparaît pas comme pertinente. En effet, cela ajouterait encore de la contrainte aux entreprises qui n’en ont guère besoin en ce moment. Et apposer une étiquette « durée de vie » à côté de l’étiquette énergie déjà présente risque de brouiller les messages. Enfin, n’oublions pas que sur les produits électriques et électroniques s’applique une taxe pour le recyclage, l’eco-contribution. Ne devrait-elle pas alors être modulée pour les appareils plus durables ?

Certes, Thomas Lombès et Bastien Poubeau plaident pour un étiquetage volontaire. Mais si c’est vraiment la solution, permettant en plus de se démarquer de la concurrence, pourquoi des entreprises ne s’en sont-elles pas emparée ? L’idée ne leur est pas venue à l’esprit.

Une autre proposition, plus réaliste, « consiste à tirer parti du développement des objets connectés ». Leur idée est de « faciliter la remontée de données » des produits vendus « à l’aide des technologies de la communication » afin de permettre le diagnostic voire la réparation à distance, le suivi du parc et des pièces détachées, le recyclage… Une technique déjà utilisée pour « les produits les plus connectés (télévision, ordinateurs personnels…) ».

Et si les deux ingénieurs des Mines créaient leur entreprise et mettaient en œuvre leurs deux solutions – étiquetage volontaire sur la durée de vie, et connexion des produits.

Car, plutôt que par l’État, la réglementation et les normes, c’est bien des entrepreneurs, des créateurs et des innovateurs que viendront les solutions.

Patrick Coquart est associé dans un cabinet de conseil en management.




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