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L’attitude de Bruxelles face à Microsoft menace la concurrence

par Valentin Petkantchin
mercredi 13 juin 2007.

Article publié dans le journal Les Affaires, Québec, le 21 avril 2007.

Alors que les ventes du nouveau système d’exploitation Vista semblent progresser plus vite que prévu, la Commission européenne a franchi une nouvelle étape dans son combat contre Microsoft, sous prétexte de protéger la concurrence. Après avoir imposé à Microsoft des amendes de centaines de millions d’euros et l’avoir obligée à divulguer des informations stratégiques à ses concurrents, Bruxelles vise maintenant à contrôler les prix de ces informations.

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Alors que les ventes du nouveau système d’exploitation Vista semblent progresser plus vite que prévu, la Commission européenne a franchi une nouvelle étape dans son combat contre Microsoft, sous prétexte de protéger la concurrence. Après avoir imposé à Microsoft des amendes de centaines de millions d’euros et l’avoir obligée à divulguer des informations stratégiques à ses concurrents, Bruxelles vise maintenant à contrôler les prix de ces informations.

Bien que certains concurrents puissent y trouver leur compte, la volonté de la Commission d’influer sur les prix des interfaces d’interopérabilité comporte plusieurs effets pervers directs.

D’abord, dans un cadre de libre concurrence, ce sont les consommateurs qui décident, par leurs achats, si un produit ou un service est suffisamment innovant ou non. Or, en l’occurrence, ce sont des technocrates de la Commission qui ont décidé que les informations fournies par Microsoft « ne contiennent pas d’innovations significatives ». Cette décision ne favorise pas la libre concurrence.

De plus, la Commission porte atteinte aux principes du droit de propriété des parties dans le marché et du droit à la libre négociation des prix. Après avoir créé un « marché » artificiel des informations sur l’interopérabilité du système Windows, qui auraient pu demeurer protégées par le secret commercial, la Commission a décidé d’interférer dans ses prix.

Le véritable danger provient d’une conception de la concurrence basée sur des parts de marché. Cette conception a poussé la Commission à condamner Microsoft pour « abus de position dominante » en matière de systèmes d’exploitation.

Ce n’est pas parce qu’une entreprise comme Microsoft équipe la très grande majorité des PC dans le monde que la concurrence s’en trouve diminuée. Et celle-ci peut provenir non seulement de systèmes d’exploitation existants, mais aussi de concurrents potentiels. Par exemple, il est possible d’opter pour le système d’Apple en achetant un de ses ordinateurs.

On peut aussi assembler son propre ordinateur ou confi er cette tâche à un professionnel indépendant et l’équiper du système gratuit Linux. Des sociétés comme Red Hat ou SUSE se sont justement spécialisées dans la vente d’ensembles complets contenant Linux – service d’assistance technique, entre autres – permettant d’équiper aussi bien des ordinateurs d’entreprises que de particuliers.

S’il y avait une réelle demande pour d’autres options que le système de Microsoft, des entreprises ne tarderaient pas à la satisfaire. Au contraire, si Microsoft reste dans une « position dominante », c’est parce qu’elle propose la meilleure offre aux consommateurs.

Mais la concurrence peut aussi provenir d’autres acteurs. Qu’est-ce qui empêcherait par exemple le numéro un des microprocesseurs, Intel, à concurrencer Microsoft dans le marché des systèmes d’exploitation ? À l’inverse, Microsoft pourrait décider de fabriquer son propre ordinateur au complet – processeur compris – et être le seul à vendre des machines équipées de Windows.

Par leur manoeuvre, les autorités antitrust à Bruxelles risquent d’étouffer la concurrence. Leur politique ne peut que pousser Intel à s’abstenir de poursuivre pleinement ses projets de contestation du « quasi-monopole » de Microsoft, si jamais une occasion de mieux satisfaire les consommateurs se présente. La Commission n’a-t-elle pas déjà Intel dans sa mire à cause d’un autre présumé « abus de position dominante », car celle-ci détiendrait 80 % des parts du marché mondial des processeurs ?

L’acharnement de la Commission envers Microsoft peut protéger certains concurrents, mais pas la concurrence. Quand il n’y a pas de barrières légales à l’entrée, les consommateurs choisissent les produits qui satisfont le mieux leurs besoins. Microsoft est soumise au test du marché et doit gagner leur confiance. La libre concurrence n’a pas besoin d’être protégée de Microsoft, mais de Bruxelles.

Valentin Petkantchin, directeur de la recherche, Institut économique Molinari




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