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Guerre du gaz : encore la faute du capitalisme ?

par Guillaume Vuillemey
mardi 13 janvier 2009.

Brève publiée le 13 janvier 2009 sur le site du Journal du Dimanche.

Le 1er janvier dernier, la Russie a suspendu ses livraisons de gaz destinées à la consommation intérieure ukrainienne. Dans la mesure où une partie du gaz à destination de l’Europe transite par l’Ukraine, l’approvisionnement en gaz russe a aussi cessé en France, en Autriche, en Allemagne, ou encore dans les Balkans (par exemple en Bulgarie)…

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Le 1er janvier dernier, la Russie a suspendu ses livraisons de gaz destinées à la consommation intérieure ukrainienne. Dans la mesure où une partie du gaz à destination de l’Europe transite par l’Ukraine, l’approvisionnement en gaz russe a aussi cessé en France, en Autriche, en Allemagne, ou encore dans les Balkans (par exemple en Bulgarie)…

Certains, comme le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, pensaient y voir une nouvelle « défaillance » du capitalisme ou des marchés. C’est sans compter le fait pourtant évident que le marché du gaz est extrêmement politisé et échappe à la logique des marchés.

Les prix payés par l’Ukraine pour l’achat du gaz russe ne sont pas des prix de marché. Comme tous les ex-satellites de l’URSS (regroupés dans la Communauté des États Indépendants), l’Ukraine bénéficie de prix préférentiels pour l’achat du gaz russe. La négociation de ces prix se fait sur une base davantage politique qu’économique. C’est d’ailleurs en partie la fixation de ces prix qui est à l’origine de la crise actuelle.

La signature des contrats gaziers ne se fait pas non plus selon des principes de marché. Les États interviennent massivement. La construction et le tracé des gazoducs dépend de facteurs éminemment politiques. C’est ainsi, par exemple, que GDF a été exclu par la Turquie du projet Nabucco (gazoduc contournant la Russie) pour des raisons qui n’ont rien d’économiques : le gouvernement d’Ankara n’avait pas apprécié que le Parlement français condamne la négation du génocide arménien.

La crise est avant tout une crise géopolitique. Les relations entre la Russie et l’Ukraine se sont nettement dégradées depuis la révolution Orange, fin 2004. Le 1er janvier, c’est Vladimir Poutine, le Premier ministre russe, et non le PDG de Gazprom, qui a donné l’ordre de couper le gaz à l’Ukraine.

Peut-on dès lors parler de défaillance du marché ? La crise est au contraire le résultat d’’interventions massives des États sur les marchés énergétiques. Elle rend ainsi les consommateurs de gaz dépendants de facteurs géopolitiques dont le poids serait bien moindre si le marché était moins politisé.

Guillaume Vuillemey, chercheur, Institut économique Molinari




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