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Il faut s'adapter au changement climatique et non le combattre

Pierre Desrochers – 15 janvier 2008
Article publié dans La Tribune le 11 décembre 2007.


Qu'on le veuille ou non, les émissions de gaz à effet de serre vont considérablement augmenter au cours des prochaines décennies car des milliards d'êtres humains valorisent davantage la réduction de leur pauvreté que les risques associés aux changements climatiques.

Tant que le charbon demeurera (et de loin) la façon la plus abordable de produire de l'électricité, les habitants des économies sous-développées et émergentes n'auront que faire d'approches, comme celle du protocole de Kyoto, qui ne résistent à aucune analyse coûts-bénéfices.

D'autant que ces approches ne règlent aucun des problèmes bien réels auxquels ils sont confrontés, de la malnutrition aux maladies infectieuses en passant par l'accès à l'eau potable.

De plus, les soi-disant mécanismes de marché qui sous-tendent Kyoto dépendent ultimement de la volonté de gouvernements.

Oseront-ils s'acquitter de la totalité de leurs obligations lorsque les coûts du CO2 deviendront vraiment apparents à leurs électeurs ?

Plutôt que de lutter vainement contre les changements climatiques, mieux vaut affecter nos ressources à des projets d'infrastructures et de santé publique ayant des bénéfices tangibles.

Kyoto n'est pas non plus nécessaire pour améliorer la durabilité de nos économies, comme l'illustre le fait que, pour des raisons principalement liées à une plus grande efficacité économique, les États-Unis ont davantage réduit leurs émissions de gaz à effet de serre depuis 2000 que les pays européens.

Si les Français veulent avoir un impact véritable, qu'ils répandent leur amour du nucléaire.


 

Pierre Desrochers est professeur de géographie à l'Université de Toronto Mississauga.

 

Institut économique Molinari