C’est trop tard pour la Terre. Cécile Philippe.
Paris : JC Lattès, 2007. 176 p. 9 €.
Dans un livre qui en surprendra plus d’un, Cécile Philippe, fondatrice
de l’Institut Économique Molinari, dénonce l’alarmisme environnemental
et les propositions des hommes politiques.
Pourfendant le consensus, elle propose de remettre en perspective les
enjeux environnementaux, en rappelant que l’être humain est « la
richesse environne-mentale la plus importante sur cette Terre ».
En sept chapitres documentés, elle passe au crible les idées reçues sur
le principe de précaution, les OGM, l’épuisement du pétrole, le
réchauffement climatique, le protocole de Kyoto, la destruction de
l’environnement par le marché ou le développement durable.
L’auteur observe un siècle de progrès en termes d’espérance de vie, de
production alimentaire, de qualité de l’air et de l’eau dans les pays
industrialisés.
Elle montre comment le progrès technique et économique, loin d’être
incompatible avec l’environnement, permet de préserver les ressources,
en optimisant les process de production.
Elle rappelle que cette vision, que d’aucuns caricaturent aujourd’hui,
est loin d’être partisane. Marx et Engels notaient dans leur Capital
« l’acharnement fanatique des capitalistes à économiser les moyens de
production ».
Le marché récompense tous les jours les entreprises les plus efficaces
et novatrices, celles qui consomment le moins pour arriver à un résultat
donné. L’essentiel tient au respect du droit de propriété et à la
liberté des échanges car, en leur absence, l’accès libre à une ressource
rare mène à sa surexploitation.
C’est parce que l’eau n’est pas vendue à son juste prix qu’elle est
gaspillée en beaucoup d’endroits. C’est pour les mêmes raisons que les
économies socialistes, il y a vingt ans, étaient deux à trois fois plus
polluantes que les économies de marché.
Faut-il que le politique freine certaines pratiques, ou au contraire en
favorise d’autres? Là encore Cécile Philippe rejette les idées en vogue.
Selon elle, l’introduction du principe de précaution dans la
Constitution française « risque de faire plus de mal que de bien », en
nous privant d’innovations utiles. Les régulateurs risquent en effet de
privilégier les solutions les plus conservatrices, au détriment de
l’innovation.
Et l’économiste de rappeler que la diabolisation du DDT, au motif qu’il
pouvait nuire au développement de certains oiseaux, a freiné pendant une
trentaine d’année le combat contre la malaria, un fléau qui fait encore
plusieurs millions de morts chaque année.
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