Notre Johnny national veut rentrer au bercail ! Raison invoquée par
l’intéressé ? Le Président nouvellement élu a prévu un « bouclier fiscal
» établi à 50 % des revenus. Certains critiquent l’attitude du rocker
français, l’accusant de ne pas vouloir payer trop d’impôts. Mais si tous
les « riches » devenus des « exilés fiscaux » revenaient, ne serait-ce
pas plutôt une bonne nouvelle pour tout le monde en France ? De même,
indépendamment des « exilés fiscaux », le bouclier fiscal n'est-il pas
favorable à la création de richesses, bénéficiant à terme à tous les
Français ? Le retour de la star hexagonale est une bonne occasion de
rappeler les effets positifs pour Monsieur Tout-le-Monde que nous
oublions trop souvent car préoccupés par les avantages qu’il offrirait
aux riches.
En France, la loi fiscale est telle que nous pouvons nous trouver dans
la situation de devoir payer des impôts directs non seulement sur notre
revenu mais aussi sur notre patrimoine. Imaginez-vous – parce que vous
avez un patrimoine évalué important – devoir payer des impôts qui
représentent en réalité une grosse part de vos revenus, voire même qui y
sont supérieurs. Vous devriez alors vendre une partie de votre
patrimoine pour pouvoir payer vos impôts !
Cette situation est clairement injuste, mais elle est aussi inefficace
puisqu’elle constitue une raison évidente pour une partie des
contribuables de fuir le pays. Le principal souci du « bouclier fiscal
», dont une première version a été instaurée par la loi de finances
2006, est justement de résoudre ce problème. Depuis janvier 2007 donc,
les Français ne doivent pas payer plus de 60 % de leur revenu au titre
de la taxe foncière, de la taxe d’habitation, de l’impôt sur le revenu
et de l’impôt de solidarité sur la fortune réunis. Si ce pourcentage est
dépassé, ils ont droit à la restitution des sommes portant au-delà des
60 %.
Une contribuable a d’ailleurs reçu un chèque de 7 millions d’euros au
titre de ce droit à la restitution. Beaucoup de gens en France s’en sont
indignés. Mais à tort. Car en effet, c’est un signal fort pour les
détenteurs de patrimoine important : « nous ne vous plumerons plus
autant qu’avant ». Songez à toutes les personnes qui préféreraient créer
des richesses en France et à celles qui préféreraient les garder au
pays, une fois celle-ci créées!
La volonté du Président Sarkozy n’est que de vouloir renforcer ce signal
en rabaissant ce bouclier à 50 %. Cela contribuerait, comme le montre
bien l’exemple de Johnny, à encourager encore plus les personnes se
trouvant aujourd’hui à l’étranger à revenir au pays. Cette attitude
récente représente un changement important. Nous devons en effet
reconnaître que, comme beaucoup de gens, nos gouvernants ont pu oublier
pendant très longtemps que les contribuables ne restent pas passifs
devant l’impôt.
Les dispositions fiscales représentent en réalité des incitations pour
nous tous, et pas simplement pour les exilés fiscaux. Des taux élevés
nous découragent de travailler et de créer davantage de richesses. Ceci
est d’autant plus vrai que nous avons un système d’impôt sur le revenu
qui est progressif : le pourcentage à verser au fisc augmente avec le
niveau, ou la « tranche », de revenu. Et au fur et à mesure que nous
montons dans des tranches plus élevées avec des taux d’impôt plus
importants, l’incitation à créer des richesses en investissant et en
travaillant davantage est de plus en plus pénalisée. À côté de l’exil
fiscal, une autre conséquence de taux d’impôt élevés est donc de
décourager la croissance.
Mais de la croissance en moins cela signifie aussi des opportunités
d’emplois en moins : pas véritablement une bonne nouvelle pour Monsieur
Tout-le-Monde non plus. Il ne faut pas oublier que même si la
redistribution basée sur l’impôt semble un « jeu à somme nulle », elle
ne l’est pas. À trop vouloir partager les parts du « gâteau » par des
taux d’imposition élevés, il y en a moins, ou même plus du tout de
« gâteau ». À l’inverse, le bouclier fiscal, tout en étant au profit des
personnes les plus aisées, est une incitation forte à produire et à
échanger plus, ce qui profite même aux plus modestes.
Du fait des incitations positives en chaîne qu’il génère, le « bouclier
fiscal » à 50 % des revenus, proposé par Nicolas Sarkozy, permet
directement et indirectement de laisser davantage grossir le « gâteau ».
C'est justement pour cela qu'il faut aller plus loin et envisager un
bouclier encore plus bas.
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