QUI ÉTAIT MOLINARI? | QUI SOMMES-NOUS? | CONTACTEZ-NOUS | ACCUEIL

NOUVEAUTÉS

ÉDITORIAUX

PUBLICATIONS DE L'IEM

ÉVÉNEMENTS

DOMAINES DE RECHERCHE

L'IEM DANS LES MÉDIAS

COMMUNIQUÉS DE PRESSE

DEVENEZ MEMBRE

LIENS D'INTÉRÊT

FAITES UNE RECHERCHE

Poursuivre Microsoft... ou la Poste?

Jacob G. Hornberger - 8 juin 2006
(Traduction par Xavier Méra de l'article Prosecute the Postal Service, not Microsoft , publié en octobre 1998 par The Future of Freedom Foundation )


Le département de la Justice américain a attaqué Microsoft au nom de la défense des consommateurs américains contre les monopoles. Comme dans d'autres procès antitrust, de telles poursuites représentent une perte de temps, d'énergie et de ressources.

Les seuls monopoles qui devraient être remis en cause sont les monopoles légaux, ceux pour lesquels le gouvernement lui-même interdit toute concurrence face à un fournisseur unique du bien en question. Considérons par exemple le cas de La Poste (USPS(1)). C'est l'exemple type d'un véritable monopole. On lui a accordé aux États-Unis le privilège légal de la distribution du courrier dit de première catégorie et le gouvernement interdit à toute autre société de la concurrencer dans ce domaine.

Que se passe-t-il si une compagnie privée contourne la loi et rentre en compétition avec l'USPS? Le département de la Justice se rue au tribunal et obtient d'urgence l'injonction d'un juge fédéral ordonnant à la compagnie de cesser ses activités concurrentielles. L'argument légal du département de la Justice est toujours le même: l'USPS détient le monopole légal sur la distribution du courrier de première catégorie et il est de l'intérêt du gouvernement que ce monopole reste pleinement en place.

Que se passe-t-il si un individu, croyant que les monopoles sont injustifiés et nuisibles, décide d'ignorer l'ordre du juge fédéral et tente de concurrencer l'USPS? Le concurrent rebelle est arrêté par la police, emprisonné, et condamné à une amende jusqu'à ce qu'il accepte d'en finir avec sa pratique concurrentielle.

Ainsi, c'est le pouvoir politique - sa police, ses prisons et ses amendes - et la menace d'utiliser un tel pouvoir, qui ont toujours été les ingrédients essentiels et nécessaires au maintien des monopoles.

Il n'est pas surprenant que l'USPS fournisse un service discutable et maltraite ses clients. C'est ainsi que se comportent les détenteurs d'un monopole - ceux qui sont légalement protégés de la concurrence. Ils savent que si un client est mécontent, tout ce qu'il peut faire est de s'adresser à un autre bureau de la même entreprise. Le détenteur du monopole sait que le client ne peut pas aller voir un concurrent parce qu'encore une fois, le gouvernement a interdit la concurrence.

Si les représentants du département de la Justice haïssent les monopoles et les pratiques monopolistiques autant qu'ils le prétendent, pourquoi ne poursuivent-ils pas un des pires monopoles de l'histoire américaine, la Poste? Pourquoi se sont-ils toujours opposés à la libre concurrence dans le domaine du courrier de première catégorie?

Microsoft est dans une position tout à fait différente de celle de l'USPS. Microsoft ne peut pas empêcher la concurrence d'émerger comme la Poste peut le faire. Si quelqu'un commence à concurrencer Microsoft, le géant de l'informatique ne peut pas demander à la police de l'arrêter et de l'emprisonner. Face à une telle menace, Microsoft doit tout faire pour continuer à servir au mieux ses clients. Les consommateurs sont volages. Maltraitez-les et ils vont voir ailleurs.

Souvenons-nous de tous ces monopoles que le département de la Justice a stigmatisés par le passé. Qu'est-il arrivé à U.S. Steel, à General Motors, Ford et aux autres entreprise de l'oligopole automobile? Qu'en est-il d'IBM? Qu'en est-il des monopoles japonais censés s'emparer de l'Amérique? Si ces prétendus monopoles avaient le pouvoir dont le gouvernement les a accusés, pourquoi ne l'utilisent-ils pas aujourd'hui? On pourrait quand même penser qu'un véritable monopole agirait comme tel.

A ce propos, il faudrait examiner la liste des 500 compagnies les plus grandes en 1978. Je soupçonne qu'une bonne partie d'entre elles ne figure pas dans le top 500 d'aujourd'hui. Pourquoi? Après tout, si une grande compagnie tient du monopole, il semble raisonnable de penser qu'aujourd'hui, elle devrait être encore plus grande qu'elle ne l'était il y a 20 ans? La raison pour laquelle ces compagnies ne sont pas dans la liste aujourd'hui est simple. Ca n'est pas parce que les juristes du gouvernement les ont prises sous leurs ailes mais plutôt parce que les consommateurs ont choisi de faire des affaires ailleurs.

Un marché libre et ouvert dans lequel les compagnies rivalisent pour fournir les meilleurs biens et services est le meilleur allié des consommateurs. Lorsque des gens parlent de réduire les activités du gouvernement à des fonctions essentielles, un bon point de départ serait la division antitrust du département de la Justice.

(1) Ndt: U.S. Postal Service
.

M. Hornberger est le fondateur et président de The Future of Freedom Foundation, Fairfax, Va.

 

Institut économique Molinari