Le débat est-il perdu pour les sceptiques du réchauffement global? Les lecteurs de USA Today peuvent certainement avoir cette impression.
Le 12 août, USA Today rapportait que "les chercheurs nous disent que l'étude publiée aujourd'hui sur les mesures des satellites et des ballons météorologiques élimine les derniers doutes scientifiques à propos du réchauffement global."
Bien entendu, le reportage de USA Today est scrupuleux, en partie. Les chercheurs ont effectivement "dit", c'est-à-dire prétendu, que "les derniers doutes scientifiques" s'étaient évanouis, mais les affirmations ne correspondent pas toujours à la réalité.
Trois articles publiés dans la revue Science la semaine dernière prétendent démolir un argument avancé par les sceptiques d'un réchauffement global catastrophique et d'origine humaine. Leur argument est le suivant. Alors que les températures mesurées à la surface de la Terre semblent indiquer que la température a globalement augmenté de 0,2 degrés par décennie depuis les années 70, les températures mesurées dans l'atmosphère par les ballons météo et par les satellites n'ont révélé qu'un réchauffement insignifiant en comparaison, pendant la même période (d'à peu près 0,09°C.)
La position des sceptiques est que quel que soit le réchauffement observé en surface, un tel réchauffement n'a pas lieu dans l'atmosphère. Cela signifierait que le réchauffement constaté en surface est probablement dû à l'effet des îlots de chaleur urbaine -lorsque les températures locales sont artificiellement accrues parce que le béton et l'asphalte des zones urbaines ont la propriété de retenir la chaleur- plutôt qu'à une concentration atmosphérique accrue de gaz à effet de serre tel que le dioxyde de carbone.
Un des articles de Science rapporte que les satellites ont dévié de leurs orbites, provoquant ainsi des erreurs dans les mesures de température. Les données corrigées des satellites augmenteraient les estimations de réchauffement atmosphérique à 0,19°C., selon les chercheurs, correspondant ainsi au réchauffement de 0,2°C. en surface. Une autre étude rapporte que la lumière du soleil a déformé les mesures de température des ballons.
Ben Santer du Lawrence Livermore National Laboratory, un des auteurs de ces études, a confié à USA Today que, "une fois corrigées, les températures des satellites et des ballons correspondent aux mesures de surface, comme dans les modèles de changement climatique."
Cela signifie-t-il que les alarmistes du réchauffement global ont gagné la partie? Pas si vite, disent les sceptiques.
Lorsque Roy Spencer, un climatologue reconnu de l'Université d'Alabama-Huntsville, a pris en compte ces dernières corrections dans ses calculs, son estimation du réchauffement atmosphérique n'était que de 0,12°C. par décennie, une température supérieure aux 0,09°C. mais bien inférieure à l'estimation de 0,19°C. et à l'estimation en surface de 0,2°C par décennie.
En ce qui concerne les prétendues erreurs des instruments de mesure des ballons météo, Spencer prétend qu'aucune autre tentative d'ajuster les données n'a donné des estimations de réchauffement aussi hautes que celle rapportée dans la nouvelle étude et qu'il faudra du temps à la communauté scientifique pour se faire une opinion sur la pertinence des derniers ajustements qui y sont défendus.
Fred Singer, l'expert climatique du Science and Environmental Policy Project affirme que les nouveaux ajustements de température "n'ont rien d'extraordinaire."
"La théorie de l'effet de serre dit (et les modèles calculent) que le réchauffement dans l'atmosphère devrait être de 30% supérieur à ce qu'on observe en surface, et il ne l'est pas," affirme Singer. "De plus, les modèles prédisent que la tendance au réchauffement polaire devrait largement excéder celles enregistrées aux tropiques, et ça n'est clairement pas le cas... En fait, l'antarctique s'est refroidi," ajoute Singer.
Singer a aussi son mot à dire concernant les prévisions apocalyptiques relatives aux futures températures.
En janvier dernier, une étude de la revue Nature estimait que le doublement des niveaux atmosphériques de dioxyde de carbone augmenterait partout les températures de 1,9°C. à 11,5°C. d'ici le milieu du siècle. Pour Singer, ces chercheurs ont fait "varier seulement six paramètres parmi de nombreux autres qui sont nécessaires pour modéliser les nuages... Leur résultat confirme... que les nuages sont encore trop difficiles à modéliser et que les modèles de climat sur lesquels est fondé le Protocole de Kyoto n'ont jamais été validés."
Ainsi, le débat sur le réchauffement climatique est loin d'être clos, d'autant qu'en dehors de la controverse sur les données des ballons météo et des satellites, de nombreuses questions climatiques restent en suspens, la question de savoir si les hommes provoquent un réchauffement significatif, si le réchauffement est indésirable, et si quelque chose peut être fait pour empêcher un réchauffement indésirable.
Du fait de ses coûts prohibitifs, la crainte du réchauffement global a été repoussée à plusieurs reprises par le président Bush et par le sénat américain. Les nations européennes commencent déjà à découvrir que leurs économies ne peuvent s'accommoder du Protocole de Kyoto dont la mise en oeuvre a commencé en février.
Malgré les reportages alarmistes dans les médias, la thèse du réchauffement global est en train de s'affaiblir. Il n'est donc pas étonnant que des alarmistes soient pressés de refermer le livre de la science.
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