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Gardons la tête froide à propos du changement climatique

Xavier Méra - 28 juillet 2005


En réaction au dossier du Nouvel Observateur paru dans la semaine du 7 juillet (n°2122) intitulé 'La vérité sur le réchauffement de la planète', Xavier Méra, chercheur associé à l'IEM, a envoyé une lettre à ce journal afin de remettre en perspective un dossier qui ne nous dit malheureusement pas 'toute la vérité.' Cette lettre n'a pas été publiée par le journal.

Je regrette de constater que, malgré un titre annonçant la "vérité" sur le thème du réchauffement climatique, la fièvre quasi religieuse avec laquelle il est généralement traité ne vous ait pas complètement épargné.

Tout d'abord, l'affirmation mise en exergue en haut de la page où figurent les dix questions-réponses sur le réchauffement est fantaisiste: "Depuis 1990, la température a grimpé de 0,7 degré". Dans l'article, l'auteur indique les hypothèses fréquentes d'une hausse de 0,6 à 0,7 degrés... en un siècle! Je ne doute pas que 1900 soit devenu 1990 par erreur. Ce manque de vigilance ne témoigne-t-il pas toutefois d'une certaine légèreté envers l'exigence de vérité affichée? Ensuite, l'auteur semble ignorer que les débats entre climatologues sur la mesure des variations climatiques et leur lien avec les activités humaines dépassent largement les quelques scénariosévoqués. Par exemple, ceux qui pensent que les cycles solaires sont le déterminant principal des variations climatiques s’attendent à un
refroidissement. La science ne peut approcher la vérité que par la confrontation de thèses concurrentes. Ca n’est pas l’impression laissée par ce dossier.

Je n'ai aucune compétence en climatologie mais même si les hypothèses correctes s'avéraient être celles décrites, il ne s'ensuivrait pas automatiquement que les politiques restrictives à la Kyoto soient les mieuxà même de "sauver l'existence de l'humanité". Ces politiques ont nécessairement un coût en termes de production abandonnée. L'appauvrissement dû aux restrictions ne rendrait d'ailleurs pas les hommes moins vulnérables aux aléas climatiques. On affronte mieux la tempête dans un solide navire que sur un radeau. Un débat doit en tenir compte. Les avantages supposés de ces politiques ne peuvent pas être gratuits. Non, la solution idéale, si elle était réaliste, ne serait pas de "ne plus brûler un gramme de combustible fossile". L'humanité en serait gravement affectée.
a

Xavier Méra, chercheur associé à l’Institut Économique Molinari

 

Institut économique Molinari