En réaction au dossier du Nouvel Observateur paru dans la semaine du 7
juillet (n°2122) intitulé 'La vérité sur le réchauffement de la planète',
Xavier Méra, chercheur associé à l'IEM, a envoyé une lettre à ce journal
afin de remettre en perspective un dossier qui ne nous dit malheureusement
pas 'toute la vérité.' Cette lettre n'a pas été publiée par le journal.
Je regrette de constater que, malgré un titre annonçant la "vérité" sur le
thème du réchauffement climatique, la fièvre quasi religieuse avec laquelle
il est généralement traité ne vous ait pas complètement épargné.
Tout d'abord, l'affirmation mise en exergue en haut de la page où figurent
les dix questions-réponses sur le réchauffement est fantaisiste: "Depuis
1990, la température a grimpé de 0,7 degré". Dans l'article, l'auteur
indique les hypothèses fréquentes d'une hausse de 0,6 à 0,7 degrés... en un
siècle! Je ne doute pas que 1900 soit devenu 1990 par erreur. Ce manque de
vigilance ne témoigne-t-il pas toutefois d'une certaine légèreté envers
l'exigence de vérité affichée? Ensuite, l'auteur semble ignorer que les
débats entre climatologues sur la mesure des variations climatiques et leur
lien avec les activités humaines dépassent largement les quelques scénariosévoqués. Par exemple, ceux qui pensent que les cycles solaires sont le
déterminant principal des variations climatiques s’attendent à un
refroidissement. La science ne peut approcher la vérité que par la
confrontation de thèses concurrentes. Ca n’est pas l’impression laissée par
ce dossier.
Je n'ai aucune compétence en climatologie mais même si les hypothèses
correctes s'avéraient être celles décrites, il ne s'ensuivrait pas
automatiquement que les politiques restrictives à la Kyoto soient les mieuxà même de "sauver l'existence de l'humanité". Ces politiques ont
nécessairement un coût en termes de production abandonnée. L'appauvrissement
dû aux restrictions ne rendrait d'ailleurs pas les hommes moins vulnérables
aux aléas climatiques. On affronte mieux la tempête dans un solide navire
que sur un radeau. Un débat doit en tenir compte. Les avantages supposés de
ces politiques ne peuvent pas être gratuits. Non, la solution idéale, si
elle était réaliste, ne serait pas de "ne plus brûler un gramme de combustible fossile". L'humanité en serait gravement affectée.
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