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Les responsables gouvernementaux cherchaient désespérément une parade à la menace d’importations massives de textile en provenance de Chine. Vendredi 10 juin, un accord a été trouvé entre le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, et son homologue chinois Bo Xilai, pour limiter ces importations vers l’Union européenne. Cette parade ne consiste en rien d’autre que d’ériger de nouvelles barrières douanières.
En quoi celles-ci seraient-elles supérieures à la suppression des quotas textiles décidée il y a 10 ans ? Sans ces quotas, le secteur textile pourrait perdre la moitié de ses effectifs d’ici à 2020, selon Francesco Marchi, directeur des affaires économiques d’Euratex. C’est ce que l’on voit. Des mesures protectionnistes doivent permettre le maintien à leur poste d’un grand nombre de travailleurs, ce qui dans le contexte français, où le taux de chômage dépasse les 10% de la population active, ne peut laisser indifférent.
Les recettes interventionnistes ont toujours eu bonne presse mais il est important de souligner que si elles bénéficient à un groupe privilégié de la population – les travailleurs du secteur textile - elles nuisent à la prospérité et à la croissance en générale. Ainsi, la protection contre la concurrence de l’industrie textile ne menace-t-elle pas elle-même la création d’emplois ?
Les habitants de Liverpool ne vous diront pas le contraire. Avec la concurrence de l’avion, du coton asiatique et la généralisation des conteneurs, l’activité du port, l’industrie cotonnière et le métier de docker ont décliné puis disparu dans cette ville. Et pourtant, le taux de chômage à Liverpool n’est aujourd’hui que de 5,6% conte 18% au moment de la crise. Les emplois sont désormais fournis par l’informatique, l’industrie pharmaceutique et les centres d’appel. Même chose à Leeds (à 400 km de Londres) : jusqu’à la fin des années 80, cette ville de 715.000 habitants était un fief du textile. On y comptait 80.000 emplois industriels. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 48.000. Mais plus de 51.500 postes ont été créés entre 1996 et 2002 principalement dans les services. C’est ce que l’on ne voit pas ou qu’on omet souvent de mentionner.
Les limitations des importations de textile chinois en Europe ne sont pas une solution contre le chômage car en empêchant le consommateur européen d’acheter des vêtements moins chers, on l’empêche, lui ainsi que les chinois qui auraient pu vendre leur production en Europe, de devenir consommateurs d’autres produits et donc de favoriser le développement et l’émergence d’autres industries.
Le textile Chinois offre aux pays d’Europe l’opportunité de créer de nouveaux emplois, là où les consommateurs européens et chinois porteront leur choix. C’est une chance que des pays comme la France ne peuvent pas se permettre de laisser passer.
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