QUI ÉTAIT MOLINARI? | QUI SOMMES-NOUS? | CONTACTEZ-NOUS | ACCUEIL

NOUVEAUTÉS

ÉDITORIAUX

PUBLICATIONS DE L'IEM

ÉVÉNEMENTS

DOMAINES DE RECHERCHE

L'IEM DANS LES MÉDIAS

COMMUNIQUÉS DE PRESSE

DEVENEZ MEMBRE

LIENS D'INTÉRÊT

FAITES UNE RECHERCHE

Chine : la vengeance peut vous nuire

Cécile Philippe - 24 mai 2005


Le 26 avril 2005, le porte-parole du ministre du commerce chinois faisait passer un message sans ambiguïté : « La Chine espère que l’Europe est capable d’identifier les effets négatifs qu’aurait sur les relations économiques et commerciales bilatérales une limitation des importations de produits textiles. » Christophe Doré, dans le figaro magazine du 29 avril, reformule cela très bien « Si vous n’achetez pas nos chemises, nous n’achèterons ni vos avions, ni vos trains ! »

Quant à moi, j’ai envie de dire : « J’espère que la Chine est capable d’identifier les effets négatifs pour la population chinoise d’éventuelles représailles et qu’elle ne suivra pas l’exemple européen du protectionnisme. » Pourquoi ? Parce que le libre-échange – y compris unilatéral – est bénéfique pour ceux qui le pratiquent. Les mesures protectionnistes envisagées par la commission européenne feront suffisamment de dommages sans que les chinois se voient à leur tour privés d’accéder à des biens pour lesquels ils sont moins compétitifs que les européens.

En imposant un tarif de représaille, on se nuit d’abord à soi-même dans la mesure où un droit de douane nuit d’abord aux habitants des pays protectionnistes. Les anglais l’avaient bien compris quand en 1846, ils décidèrent de libérer unilatéralement le commerce des grains au profit du peuple contre les grands propriétaires terriens qui durent se moderniser ou se reconvertir. Les 85 années qui suivirent cette décision ont correspondu à une formidable période de prospérité en Angleterre.

Le leitmotive de la ligue anglaise était d’augmenter les débouchés industriels, d’accroître l’emploi, de diminuer le prix du pain, de rendre l’agriculture et l’industrie plus efficace grâce à la concurrence et de favoriser la paix des nations. Les européens n’ont pas l’air de le comprendre mais on ne résout pas le problème du chômage et on ne favorise pas la paix en érigeant des barrières douanières.

Les quotas à l’importation entraînent une diminution des échanges, des exportations comme des importations. Si le gouvernement chinois décide de limiter les importations d’airbus ou tout simplement d’y renoncer, le coût de voyager en avion en Chine sera plus élevé. Les ressources supplémentaires investies dans le secteur aéronautique seront autant de ressources qui ne pourront pas être investies dans d’autres secteurs comparativement plus productifs et créateurs d’emplois.

Certes, les producteurs d’avions rêveraient certainement de réaliser cette situation qui leur permet de se protéger contre la concurrence mais les perdants sont les consommateurs pour qui le coût du transport est plus élevé et les producteurs des autres secteurs qui perdent des débouchés.

Les mesures protectionnistes sont toujours très séduisantes car leurs effets immédiats sont visibles : le maintien en place d’un certain nombre d’emploi, ou bien la baisse des ventes d’une industrie que l’on veut punir mais il faut se rappeler qu’ils ne sont pas les seuls effets. Resteront invisibles tous ces emplois qui n’ont pas pu être créés et ces besoins qui n’ont pas pu être satisfaits. Aux dirigeants chinois d’être plus éclairés que leurs homologues européens en écartant la tentation protectionniste au profit du libre-échange.
.

Cécile Philippe est le directeur de l'Institut Economique Molinari

 

Institut économique Molinari