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L'hara-kiri européen

Gabriel Calzada - 6 mai 2005
(Traduction par Xavier Méra de l'article European Hara-Kiri paru le 20 mars 2005 sur le site de l' Instituto Juan de Mariana )


A chaque fois que les ministres de l'économie de la zone euro s'asseyent à la même table, nous pouvons trembler. Lorsqu'ils se retrouvent pour décider d'enterrer les conditions du pacte de stabilité servant à limiter les dépenses publiques, dépenses qu'ils se permettent d'engager avec nos portefeuilles, la société en général peut trembler. Et c'est ce qui se passe à l'heure où j'écris cet article.

La limitation de la dépense, ce qui sort des comptes par rapport à ce qui y entre, ne garantie pas la croissance économique - imaginez un budget équilibré avec des taxes confisquant 90% du revenu. Néanmoins, un déficit public soumet les forces productives à une sérieuse liposuccion. Un plus haut niveau de dépense publique, avec ou sans déficit, implique une utilisation des ressources de plus en plus déconnectée des desiderata des consommateurs. Il implique un déséquilibre économique induit par cet empressement à dépenser de la monnaie préalablement confisquée, avec la prétention de la dépenser mieux que nous dans notre propre intérêt.

Les déficits des budgets publics doivent être couverts par des taxes additionnelles, l'inflation ou la dette publique. Chacune de ces mesures doit déprimer un peu plus une zone euro déjà affaiblie. La première revient à sortir faire les boutiques et à ne jamais rentrer à la maison. La deuxième déforme la structure de la production en bouleversant la coordination inter-temporelle par la redistribution forcée des ressources. La dernière, asphyxie les projets entrepreneuriaux privés en rendant le crédit plus rare. En même temps, ces mesures ébranlent les fondations de la valeur de l'euro et, par conséquent, le pouvoir d'achat de nos revenus.

Qu'est-ce qui pousse nos ministres à affaiblir le pacte sur les équilibres budgétaires en Europe? Nous ne pouvons que spéculer. Une explication possible est cette conviction que la monnaie dépensée par le gouvernement provoque des effets multiplicateurs qui ne peuvent être provoqués par la dépense de cette même monnaie par ses propriétaires légitimes. De telles affirmations n'ont probablement pas le même poids ou la même influence que par le passé. L'interprétation la plus vraisemblable est que les gouvernements les plus puissants font pression pour éviter de voir appliquer à eux-mêmes les mesures qu'ils ont précédemment imposées aux autres. En effet, ils ont entre temps transformé leurs pays en le centrant sur la générosité publique au dépends de la production.

Peut-être que quelques mots de Juan de Mariana, un des philosophes scolastiques du 16ème siècle, pourraient mieux convaincre ces ministres qu'une profusion d'arguments théoriques: "Le Roi ne peut pas dépenser le revenu qu'il obtient de son royaume avec la même liberté qu'un individu dépense les fruits de son champ de vigne ou d'un héritage."
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Gabriel Calzada est président de l' Instituto Juan de Mariana et fellow au Centre for the New Europe.

 

Institut économique Molinari