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Les profiteurs de désastre

James K. Glassman - 25 février 2005
(Traduction par Xavier Méra de l'article The Tsunami Exploiters paru le 14 janvier 2005 sur le site TechCentralStation.com)


Le tsunami du lendemain de Noël a jusqu'à maintenant tué plus de 150.000 personnes (1) en Asie du sud et dans l'Est de l'Afrique.

Ce fut une terrible tragédie à laquelle le monde répond rapidement et généreusement. Cependant, certains ne peuvent pas s'empêcher d'utiliser le raz-de-marée comme une opportunité d'exploiter leurs semblables. Non, il ne s'agit pas simplement des kidnappeurs d'orphelins visant à les livrer à la prostitution.

Des activistes peu scrupuleux, qui ont jusqu'à maintenant été incapables de faire appliquer les prohibitions liées au Protocole de Kyoto sur le changement climatique, disent à qui veut bien les entendre, "Vous voyez, nous vous avions mis en garde!"

"L'argument se développe en gros comme ceci," lit-on dans un éditorial du Chicago Tribune.

"Les gaz à effet de serre, surtout émis par les États-Unis et les nations industrialisées, ont provoqué une tendance au réchauffement global qui fait fondre les calottes glaciaires, contribuant ainsi à une hausse du niveau de la mer qui pourrait avoir provoqué ou aggravé le désastre en Asie du sud."

Le Tribune cite l'exemple typique de Tony Juniper de Friends of the Earth en Angleterre: "Voila encore des événements du monde réel confirmant les prédictions de changement climatique."

Tom Toles, illustrateur au Washington Post a dessiné un couple d'asiatiques sur une île dévastée, regardant un journal titré en une "Émissions de CO2." L'un fait ce commentaire: "Disent-ils ce que l'Ouest va envoyer?" L'autre répond: "Une montée des eaux de six pieds."

Voice of America a diffusé une interview avec Naomi Oreskes de l'Université de Californie, dans laquelle elle a prétendu que le tsunami "confirme le besoin d'agir contre le réchauffement global." Nous sommes tous à blâmer selon Oreskes, "chacun d'entre nous qui conduit une voiture, chauffe sa maison, prend l'avion,... Tous ceux qui vivent dans le monde moderne sont responsables."

Ce non-sens éhonté provient généralement de gens qui se laissent emporter par leur propre rhétorique, ou par le désir de lever des fonds pour leurs organisations. Mais son origine profonde réside dans la croyance en deux idées erronés:

La première est celle du solipsisme: nous, les humains, sommes la force la plus puissante sur la Terre. Comment pourrait-il y avoir un désastre sans que nous en soyons la cause?

La seconde est l'adulation de la nature: si nous ne salissions pas Mère Nature, tout irait pour le mieux.

Bien au contraire, la recherche indique de plus en plus que le récent réchauffement à la surface de la Terre est principalement influencé par des changements cycliques à la surface du soleil, où personne ne conduit d'automobiles jusqu'à preuve du contraire.

En ce qui concerne le tsunami, il a été déclenché par un tremblement de terre gigantesque, produit imprévisible et brutal de la Nature ou, si vous préférez, de Dieu.

Cela dit, le réchauffement global n'a-t-il pas quand même fait monter le niveau des mers, aggravant ainsi le caractère dévastateur du tsunami ? Non. Le niveau des mers dans le nord-est de l'Océan indien a diminué, et pas augmenté.

Cependant, supposons le pire, une hausse générale de quatre à huit pouces durant le siècle dernier, comme le prétend un groupe des Nations-unies. Même une hausse d'un pouce par décennie est minuscule, comparée à la vague du 26 décembre estimée à 30 ou 40 pieds de haut. Et cela aurait pu être pire. La vague provoquée par l'éruption du Krakatoa en 1883 faisait au moins 100 pieds.

La vérité est qu'il existe des événements terribles qui ne peuvent être mis au crédit de George Bush ou de tout autre être humain. Seuls la prospérité et le progrès technologique permettent de les atténuer. Comme Glenn Reynolds l'a écrit récemment sur TechCentralStation.com: "La meilleure protection contre les catastrophes est une société qui est assez riche et diverse pour être bien préparée à toutes sortes d'imprévus. Cela signifie que la croissance économique, et la liberté qui la permet, peuvent être les meilleures garanties de sécurité pour nous tous."

Une société prospère a des digues qui protègent de la mer, des constructions suffisamment solides pour empêcher les bâtiments de s'effondrer, des systèmes de communication pour la prévention des catastrophes, des routes permettant aux gens de fuir, et des hôpitaux pour soigner les blessés, sans parler de l'imagination et de la flexibilité permettant de répondre à l'imprévu.

S'il existe un moyen de réduire les horribles conséquences d'une catastrophe naturelle telle que celle qui vient de frapper l'Océan indien, c'est de réduire la pauvreté au Sri Lanka, au Bengladesh et dans le reste du monde en développement, un objectif qui, au passage, serait bienvenu même s'il n'y avait jamais d'autres tsunamis.

Un vrai projet pour le siècle à venir serait de combattre la pauvreté et d'encourager la croissance économique, non d'exploiter les peurs et d'imposer une société sans croissance fonctionnant à l'énergie éolienne.

(1) Ndt: Des estimations plus récentes parlent de 294000 décès.

 

Institut économique Molinari