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Bien que Microsoft ait réglé ses problèmes d'antitrust avec le Département de la Justice, neuf États continuent de réclamer devant une cour de Washington que Microsoft fournisse une licence aux fabricants d'ordinateurs pour une version allégée de son système d'exploitation Windows (sans navigateur et sans lecteur multimédia). Microsoft soutient qu'une telle réglementation compromettrait sérieusement la qualité générale du système d'exploitation Windows. Les États maintiennent qu'une telle réglementation serait bonne pour la concurrence et en définitive pour les consommateurs.
La plupart des témoins des plaignants ont déploré leur sort en comparaison de celui qui leur serait réservé si le gouvernement fédéral retirait quelques unes des applications de Windows. Ceci semble assez bien vu. Microsoft ferait moins de business et les concurrents en feraient plus. Et alors? Qu'est-ce que cela a à voir avec une concurrence accrue ou une meilleure satisfaction des consommateurs? Si le juge Colleen Kollar-Kotelly accepte cette théorie absurde de la concurrence, elle ira à l'encontre des enseignements économiques élémentaires et sera probablement désavouée en appel.
Des fournisseurs indépendants feraient-ils plus de business si une cour ordonnait à General Motors de livrer des Buicks sans volant ou sans radio ? Bien sûr, ces fournisseurs seraient avantagés par la quête des consommateurs cherchant à rassembler les éléments indispensables à l'utilisation du véhicule. General Motors ferait moins d'affaires et les autres firmes en feraient plus. Mais pratiquement aucun économiste ne prétendrait dans ce cas qu'une telle réglementation accroît la concurrence de quelque manière, qu'elle a un sens économique ou que les consommateurs bénéficieraient d'une telle absurdité.
Dans sa forme la plus pure, la théorie des États soutient que tout avantage qu'une firme offre aux consommateurs exclut toujours ou empêche des rivaux d'entrer sur le marché et que cela heurte la concurrence et les consommateurs. Mais cette conclusion est tout simplement fausse.
Comme le prix Nobel d'économie F.A. Hayek l'a correctement compris, la concurrence est un "processus de découverte" au sein duquel les consommateurs décident de l'allocation finale des ressources rares en récompensant certains entrepreneurs et en en punissant d'autres. De plus, les consommateurs décident en définitive du nombre d'offreurs et des parts de marché des concurrents. Quand certains entrepreneurs sont exclus du fait des consommateurs, cela signifie seulement que les consommateurs sont raisonnablement satisfaits avec les offreurs existants et ne soutiennent pas des concurrents additionnels. Cela ne signifie pas que les marchés sont "défaillants" ou que la concurrence, déficiente, doit être corrigée par une intervention antitrust.
Dans des marchés ouverts, les avantages fournies par les firmes bénéficient directement aux consommateurs et sont le fruit du processus concurrentiel. Priver les consommateurs de ces fruits par la loi en espérant que les concurrents fourniront des produits complémentaires ou des services de qualité similaire relève de la pure spéculation. Par ailleurs, les effets désincitatifs d'une telle réglementation pour les firmes innovantes seraient désastreux. Quel est l'intérêt de continuer à améliorer un produit si les concurrents peuvent à tout moment vous arrêter et bénéficier de la valeur de vos investissements?
Malheureusement, Microsoft a passé son temps devant la cour à expliquer qu'il n'était pas pratique de séparer le navigateur et les applications vidéo, c'est-à-dire que l'intégrité du système d'exploitation Windows serait affectée négativement par une telle réglementation. Bien sûr, Microsoft se doit de répondre aux accusations des États en arguant que la déconstruction proposée n'est pas possible. Mais il y a des dangers à une telle défense.
Si tout expert ou avocat des plaignants convainc le Juge Kollar-Kotelly que l'argument de commodité est incorrect, Microsoft n'aura rien fait pour empêcher le juge d'ordonner la sanction. Ayant concédé aux États une théorie de la concurrence entièrement incorrecte, Microsoft se retrouverait sans défense jusqu'à l'étape de l'appel de cette monstruosité légale sans fin.
Un Windows en pièces détachées pourrait bien avoir peu de sens d'un point de vue pratique, mais le véritable problème est la théorie erronée de la concurrence que les États soutiennent. On a permis aux États de donner aux intérêts des concurrents de Microsoft , et pas à ceux des consommateurs, le premier rôle dans l'élaboration de chaque remède judiciaire proposé. Et Microsoft, malgré sa volonté de fer et ses ressources abondantes, a raté une opportunité de démasquer cette mythologie de l'antitrust devant l'opinion publique. Quel dommage.
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