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Après l'échec du protocole de Kyoto, après celui de la loi McCain-Lieberman aux Etats-Unis et alors que de nouveaux rapports indiquent, preuves à l'appui, que l'activité solaire serait une cause majeur du changement climatique, les environnementalistes risquent de se trouver de plus en plus isolés dans leurs croyances. Sans leur porter un coup de grâce – il en faudra plus – la parution en français prévue incessamment de l' Ecologique sceptique de Bjorn Lomborg (traduction de The Skeptical Environmentalist ) va dans ce sens puisque l'auteur y révèle l'absence de rigueur de l'analyse des faits par les environnementalistes.
La grande qualité du livre de Lomborg, c'est d'illustrer, à l'aide de preuves empiriques, la théorie économique: lorsque les individus sont libres d'agir et que leur propriété est respectée, les ressources sont allouées de manière efficace et responsable. Plus important encore, l'auteur démontre que l'homme donne aux ressources naturelles leur caractéristique de bien économique et qu'il rend possible, en se les appropriant, leur usage. L'activité humaine est ainsi capable d'augmenter sans cesse l'offre de ressources utiles et accessibles. L'idée qui domine le mouvement environnementaliste, selon laquelle l'homme épuise un stock rare et limité de ressources naturelles, est tout simplement fausse.
Ceux que la théorie n'a pas pu convaincre pourraient bien être persuadés par les statistiques qu'apporte Bjorn Lomborg. En effet, ce statisticien, professeur à l'Université d'Arhus au Danemark, végétarien et ancien membre de Greenpeace, examine de près les chiffres qui mesurent l'état réel de la Terre et, contrairement à la litanie environnementaliste, conclut que la situation s'améliore. En plus de montrer que le monde ne souffre pas de surpopulation, que le problème alimentaire est en voie d'être résolu et que le niveau de bien-être progresse, Lomborg prouve également que l'épuisement des ressources est un mythe.
Limits to Growth (1972), publié par le Club de Rome, par exemple, défendait l'idée que la Terre ne disposait que d'un certain montant de pétrole et que la demande augmentait avec la croissance économique. Et de conclure qu'en 1982, il n'y aurait plus de pétrole. Ce n'est pourtant pas ce qui s'est passé. Le prix à long terme du pétrole est resté relativement constant depuis 1880, malgré une hausse incroyable de la demande. La hausse de 400% du prix du pétrole en 1973 fut le résultat de facteurs politiques et non le fait d'une rareté réelle. Ce fut aussi malheureusement le cas en 1980, et lors des hausses plus récentes.
Par ailleurs, depuis 1970, de nombreux gisements de pétrole ont été découverts et les techniques d'extraction se sont grandement améliorées. Bien sûr, personne ne peut savoir exactement ce qu'il reste, mais il semble aujourd'hui que les réserves soient suffisantes pour durer au-delà du milieu de ce siècle, malgré les niveaux actuels de croissance économique.
Cependant, même lorsque les réserves commenceront à s'épuiser, cela ne mettra pas une fin subite à notre civilisation fondée sur l'énergie. Nous ne passerons pas du jour au lendemain d'une situation d'abondance à une situation de pénurie. Au contraire, il y aura une croissance lente des coûts d'extraction, accompagnée d'une hausse des prix. Nos économies sont fondées sur le pétrole simplement parce qu'il est bon marché et abondant: si ce fait change, nous aurons recours à d'autres sources d'énergie. Le coût de production d'électricité à partir du soleil et du vent, par exemple, a déjà diminué de plus de 90% depuis 1980.
En outre, Lomborg montre que nous faisons une utilisation plus efficace du pétrole et des autres sources d'énergie. Chaque unité de produit est fabriquée avec de moins en moins de pétrole. Le Danemark, entre autres, a utilisé moins d'énergie en 1989 qu'en 1970, malgré une hausse de 48% du PNB. Il n'y a donc pas de risque réel lié à cette ressource. Il est même probable que la demande de pétrole diminuera avant même que l'offre ne commence à baisser.
Ceci est aussi vrai d'autres ressources naturelles, comme de l'eau, dont les problèmes de pénurie ne correspondent pas à des limites dans les quantités physiques. Comme l'a établi un rapport des Nations Unies en 1997, ces problèmes sont «le résultat d'une pauvre allocation de l'eau, du gaspillage de cette ressource et d'une gestion peu rigoureuse».
Avec l' Ecologique sceptique , le lecteur francophone va pouvoir se libérer de ses préjugés et découvrir avec plaisir (il est toujours plus facile de lire dans sa langue maternelle) l'état réel du monde naturel. Loin d'être catastrophique, il s'améliore avec le développement de la civilisation, lié au respect de la propriété et de la liberté. |