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L'environnement dépend moins du protocole de Kyoto que du respect de la propriété

Cécile Philippe - 28 novembre 2003
Article publié par l'Agefi le 28 novembre 2003.


Du 1 er au 12 décembre se tiendra à Milan la neuvième conférence de l'ONU sur les changements climatiques. Il y a deux ans, le président américain George W. Bush avait renoncé au protocole de Kyoto, basé sur cette convention, au grand dam de la communauté européenne. Il vient d'annoncer qu'il prendrait une autre voie pour lutter contre le réchauffement de la terre. Cela ne va très certainement pas améliorer sa popularité en Europe. Là n'est cependant pas la question. En effet, en dehors de tout débat idéologique, il est plus important de se demander quelle peut être la meilleure position à prendre dans le domaine environnemental.

La grande majorité des environnementalistes estiment que l'on assiste à un réchauffement de la terre dû à l'émission de gaz à effet de serre. La réduction de ces gaz, qui fait l'objet du protocole de Kyoto, est un projet qui devrait permettre aux futures générations d'hériter d'un climat favorable. Ce constat amène plusieurs questions: le réchauffement de la terre est-il incontestablement une menace pour les générations futures et, si oui, le protocole de Kyoto fournit-il une réponse adéquate?

Il semble que le réchauffement de la terre ne soit pas aussi réel qu'on pourrait le croire. Il est en tout cas loin de faire l'unanimité parmi les scientifiques. Ainsi, l'astrophysicien renommé S. Fred Singer rappelle que les prédictions rapportées quotidiennement par les médias sont loin d'avoir été établies définitivement. Dans Hot Talk, Cold Science: Global Warming Unfinished Debate (The Independent Institute, 1997), il explore la littérature concernant la climatologie et conclut que la science des climats ne défend pas la position pessimiste ambiante. Ce débat ne devrait-il pas conduire à une grande prudence en matière d'investissement dans ce domaine? Quel entrepreneur se permettrait de se lancer à corps perdu dans un projet reposant sur des bases aussi fragiles?

Quand bien même on accepterait comme un fait prouvé le réchauffement de la terre, il ne semble pas que cela puisse justifier le protocole de Kyoto. C'est là la position du Danois Bjorn Lomborg, ancien membre du groupe de pression Greenpeace et auteur de The Skeptical Environmentalist (Cambridge University Press, 2001). Au cours du débat auquel il participait récemment au Parlement européen, Bjorn Lomborg a reconnu l'existence du problème, tout en posant fermement la question de l'opportunité du protocole. Il a rappelé que dans le meilleur des cas, selon des calculs fondés sur les chiffres reconnus par la communauté scientifique, le protocole de Kyoto ne pourra faire reculer le réchauffement de la terre que de six ans, ce dernier étant constaté en 2100 au lieu de 2094. Reste que le coût du projet est faramineux (environ un trillion de dollars) et pourrait être mieux investi dans des projets de santé ou d'éducation dans le tiers monde.

En fait, la position alarmiste sur l'environnement est déplacée. Sans crier au triomphe, force est de constater que l'état du monde s'améliore. Contrairement aux incantations de groupes tels que le WWF ou Greenpeace, Bjorn Lomborg rappelle – et ce sera aussi l'objet de la prochaine conférence organisée par l'Institut Bruno Leoni le 29 novembre à Milan – que la qualité de l'environnement des économies avancées s'est améliorée de façon spectaculaire.

Selon les Nations Unies, la pauvreté a davantage diminué dans les 50 dernières années que dans les 500 qui les ont précédées. Lomborg ajoute que l'espérance de vie a plus que doublé au cours du siècle dernier passant de 31 à 65 ans. En termes réels, le coût des aliments représente aujourd'hui un tiers de ce qu'il était dans les années soixante. En ce qui concerne la déforestation, elle aurait été plus qu'exagérée dans la mesure où, depuis 1961, la couverture forestière n'aurait diminué que d'un minuscule 0,44%. Contrairement au WWF qui affirme que la planète a perdu deux tiers de ses forêts, Lomborg, données scientifiques à l'appui, corrige cette affirmation en indiquant que 80% des forêts sont protégées.

Cela ne signifie pas que tous les problèmes ont été résolus, mais un grand nombre d'entre eux l'ont été, qui plus est sans intervention de l'Etat. C'est seulement quand il est devenu économiquement responsable de s'y consacrer que les individus ont trouvé des réponses à l'environnement. La qualité de l'environnement s'améliore avec le développement économique qui, lui, est intrinsèquement lié à la propriété privée. De ces liens dépendent l'avenir de notre environnement.

Cécile Philippe est la directrice de l'Institut économique Molinari

 

Institut économique Molinari