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Copenhague : une voie sans issue !

par Cécile Philippe, Mathieu Laine
mardi 8 décembre 2009.

Article publié sur LesEchos.fr le 4 décembre 2009.

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C’est sur fond de crise que va s’engager la 15e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à l’occasion de laquelle 192 pays se retrouveront à Copenhague, du 7 au 18 décembre prochain, pour discuter de l’après Kyoto.

Crise financière, bien entendu, mais également crise politique et scientifique tant l’incertitude grandit sur des sujets qui étaient présentés, ces dernières années, comme faisant l’objet d’un consensus quasi parfait.

Cette conférence est un véritable défi politique. Pas facile, en effet, de mettre d’accord autant de pays et d’intérêts divergents. On annonce même déjà qu’aucun accord ne sortira de cette rencontre ! Il faut dire que, même au sein des seuls États-Unis, Barack Obama n’a pas encore réussi à faire passer son plan Climat ; que les pays émergents ne comptent absolument pas sacrifier leur développement économique sur l’autel de la lutte contre le changement climatique ; que les Français, qui prévoient, eux, de s’allier avec le Brésil pour jouer les bons élèves (ou les donneurs de leçons) avec leur « plan Justice-Climat », savent déjà qu’ils ne seront pas suivis.

Au menu des échanges, on trouve notamment la confirmation par les pays industrialisés de leur engagement à réduire d’au moins 80% leurs émissions en 2050, par rapport à 1990, la création éventuelle d’une organisation mondiale de l’environnement et l’évaluation de l’aide publique aux pays en développement pour lutter contre le changement climatique. D’un montant de 16,5 milliards d’euros par an, cette dernière s’avère être de 5 milliards en dessous de la fourchette basse prévue initialement par Bruxelles. D’aucuns s’en plaindront, comme d’autres dénonceront les lenteurs de Copenhague et le manque d’engagement de nos dirigeants politiques. L’émergence de voix divergentes – et particulièrement sérieuses – sur le réchauffement climatique invite au contraire à penser que l’immobilisme ambiant n’est pas forcément une si mauvaise nouvelle.

Si, entend-on régulièrement, il faut lutter contre les émissions de CO2, c’est parce qu’elles seraient à l’origine du réchauffement climatique dont certains pensent qu’il pourrait causer des ravages. Or il est aujourd’hui admis que les températures – en dépit d’une forte augmentation des émissions de CO2 – n’ont pas augmenté depuis plus de 10 ans (constatations de Mojib Latif du Leibniz Institute – Spiegel, 19 novembre 2009) et d’autres comme Richard Lindzen du MIT alors que, comme le souligne un très récent rapport de l’OMM, la concentration de l’atmosphère en CO2 continue de s’intensifier. La science du climat n’est donc pas aussi précise et rigoureuse qu’on nous le dit et les émissions de CO2 n’expliquent manifestement pas tout.

C’est en tous les cas ce que répètent depuis des années près de 700 chercheurs qui ont signé une pétition dans ce sens. Sans remettre en question le fait que la température globale aurait augmenté d’environ 0,7° au cours du 20e siècle, ils refusent de céder à la tentation catastrophiste et rappellent que la science du climat reste à faire, que le consensus n’est pas de mise sur ces sujets et qu’il ne faut en aucun cas négliger les théories alternatives explicatives du climat comme celles fondées sur le soleil et les rayons cosmiques. Les modèles utilisés aujourd’hui sont, selon eux, encore trop récents et peu fiables car nous ne maitrisons pas encore un certain nombre de phénomènes comme la formation des nuages. D’ailleurs, aucun spécialiste du climat n’a été en mesure d’anticiper l’absence de hausse des températures des 10 dernières années !

Ces informations rassurantes ou permettant à tout le moins de relativiser la situation actuelle sont d’autant plus précieuses que le meilleur moyen pour réduire les fameuses émissions de CO2 consiste en la réduction voire la suppression pure et simple des activités industrielles. Certains environnementalistes n’hésitent d’ailleurs pas à le dire : il faudrait modifier totalement nos comportements et réduire notamment notre consommation d’énergie fossile productrice de CO2. Or l’énergie fossile constitue, encore de nos jours, près de 80% de l’énergie consommée dans les pays développés. Le bioéthanol est loin d’être une panacée et les énergies éoliennes et photovoltaïques ne se développent qu’à coup de subventions qui – hyper-dette oblige – ne pourront pas raisonnablement continuer à être distribuées trop longtemps.

Alors que notre pays s’enfonce dans la dépense publique, que nos priorités devraient être la sortie du chômage, l’innovation et la compétitivité de notre modèle face à la concurrence mondiale, laissons, sur les sujets environnementaux, les scientifiques travailler et débattre, librement et sans jugement de valeur ; évitons d’enfermer toujours plus notre avenir dans les pièges de la taxation verte, du principe de précaution ou du dogmatisme catastrophiste. Recherchons au contraire en permanence comment, créer un contexte permettant à la liberté de créer, d’inventer et de produire de nouvelles opportunités de croissance, tout en alliant un souci réel de préservation de notre environnement. L’homme mérite aussi, et avant tout, que l’on se mobilise pour son avenir.

Mathieu Laine est président d’Altermind et auteur de Post politique (JC Lattès). Cécile Philippe est directrice générale de l’Institut Economique Molinari et auteure du livre "C’est trop tard pour la terre" (JC Lattès).



Documents
Copenhague : une voie sans issue ! - Economie & Entreprise - Environnement
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Mis à jour le : 4 décembre 2009




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