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Climat : entendre (aussi) les sceptiques

par Cécile Philippe, Mathieu Laine
mardi 15 décembre 2009.

Article publié le 11 décembre 2009 dans Les Échos.

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Au moment même où la 15ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique fait la part belle à la pensée unique en matière de réchauffement, l’explosion de ce qu’on appelle dorénavant le « Climategate » a fait remonter à la surface les thèses dites « sceptiques ». Par souci de rigueur, par respect pour la science – faite depuis toujours d’une confrontation honnête d’arguments contraires – et parce que les solutions avancées par nos nouveaux maîtres à pensée environnementaux usent de multiples contraintes (taxes, principes de précaution et d’attention, culpabilisations généralisées, décroissance imposée, etc.), les « sceptiques » sérieux doivent être à tout le moins entendus.

Pour la pensée dominante, le réchauffement climatique de 0,7°C au cours du 20ème siècle est dû aux émissions anthropogéniques de dioxyde de carbone (CO2). En émettant du CO2 via leurs multiples activités, les hommes seraient responsables du réchauffement et des conséquences néfastes qui lui sont associés. Parmi elles, le déplacement de populations d’insectes dangereux (comme les moustiques porteurs du paludisme) ou la montée du niveau des mers.

Qui n’a pas entendu que le débat sur ce sujet était clos ? Qu’il n’était plus temps de discuter mais d’agir ? Les choses ne sont pourtant pas si claires et des voix s’élèvent, depuis de nombreuses années, pour remettre en cause le « prêt à penser » climatique.

Le « Climategate » révèle des faits troublants. Des scientifiques influents au sein du GIEC (Phil Jones et Keith Briffa du Climate Research Unit, et Michael Mann) auraient bloqué des demandes d’accès à l’information, manipulé le processus de révision par les pairs, dissimulé voire détruit des données dérangeantes (pour leur vision) sur les températures. Tout cela afin d’entretenir l’illusion d’un véritable consensus sur la question climatique qui, en réalité, n’existe pas.

De nombreuses initiatives existent à travers le monde (scientifique) et remettent en question la validité des courbes de températures, les causes du changement, la fiabilité des modèles, la gravité de ses conséquences, etc. Tel est le cas, par exemple, de la pétition de l’Oregon, qui, lancée en 1998 et adressée au gouvernement fédéral des États-Unis, compte désormais 31 486 signataires sceptiques dont 1/3 de docteurs en science.

Si, autre exemple, la fameuse courbe des températures « en forme de crosse de hockey » de Michael Mann (1998), rendue célèbre par le documentaire d’Al Gore « Une vérité qui dérange », offre un argument visuel très fort pour prouver le réchauffement de la planète (elle indique une faible tendance à la baisse des températures de l’an 1000 à 1900 suivie d’une augmentation rapide au 20ème siècle), deux chercheurs canadiens, Ross McKitrick et Stephen McIntyre, ont remis en question sa validité : cette courbe ne tient en effet pas compte de l’existence – pourtant bien connue des historiens du climat – d’un optimum médiéval et d’un petit âge glaciaire au cours du dernier millénaire…

Pire, après avoir attendu pendant deux ans que Mann accepte de leur fournir son logiciel de calcul, ils lui ont fait passer un test consistant à le remplir de données aléatoires et ont observé que la courbe qui en résultait était toujours… en forme de cross de hockey ! Invalidé, le fameux graphe ne figure plus dans le résumé du GIEC de 2007 adressé aux politiques.

Il n’y a pas plus de consensus sur le lien de cause à effet entre les émissions de CO2 et la hausse des températures. Selon l’américain Fred Singer et le russe Khabiboullo Abdoussamatov, l’observation des courbes de variation des températures et de teneur en CO2 montreraient que la hausse des températures précède d’environ 800 ans celle du CO2… Il n’existe, en conséquence, pas plus d’unité de pensée sur les causes du réchauffement climatique. Si la communauté scientifique s’accorde sur le constat d’un réchauffement au cours du 20ème siècle, certains chercheurs commencent par rappeler que les températures ont baissé entre 1940 et 1970 et n’ont pas augmenté depuis 1998 alors que la teneur en CO2 de l’atmosphère continuait de s’intensifier. Il existe ainsi toute une littérature sur les causes naturelles du changement climatique fondée notamment sur une activité solaire plus ou moins importante, comme le défend le paléo-climatologue canadien Ian Clark. L’importance des rayons cosmiques a aussi été argumentée par les danois Eigil Friis-Christensen et Henrik Svensmark.

Autre sujet de dissension : la fiabilité des modèles climatiques. Professeur de science atmosphérique au MIT, Richard Lindzen critique inlassablement le caractère simplificateur des modèles de prévision du climat. Il insiste en particulier sur le fait que le rôle de la vapeur d’eau et des nuages est encore très mal compris et qu’il n’est pour l’heure pas modélisé correctement.

D’autres débats touchent à la montée du niveau de la mer et au fait que, pendant certaines périodes de l’histoire, des températures beaucoup plus élevées auraient été observées sans que cela entraîne une fonte alarmante des glaciers (Patrick Michaels).

En France, Paul Reiter, de l’institut Pasteur, spécialiste des maladies infectieuses, explique que la transmission du paludisme ne trouve en aucun cas sa cause première dans le réchauffement climatique, contrairement à ce que les rapports du GIEC aiment à affirmer.

Il règne un débat extrêmement animé au sein de la communauté scientifique que l’affaire du « Climategate » va enfin révéler au grand public. Ne sombrons donc ni dans le catastrophisme populiste, ni dans la diabolisation des recherches divergentes. Laisser les scientifiques travailler et débattre, librement et sans jugement de valeur, ce n’est en rien nier les préoccupations environnementales. En revanche, parce que précisément rien n’est certain, gardons-nous des solutions radicales qui pourraient finir par ruiner la liberté et l’innovation… peut-être pour rien !

Mathieu Laine est président d’Altermind et auteur de Post politique (JC Lattès), Cécile Philippe est directrice générale de l’Institut économique Molinari et auteur de « C’est trop tard pour la terre » (JC Lattès).




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