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Ça aurait pu avoir de la classe !

par Peter Schiff
jeudi 20 mai 2010.

Traduction de l’article de Peter Schiff intitulé « It Could Have Had Class » et publié sur le site de Financial Sense le 18 mai 2010.

rien

La semaine dernière, la Banque centrale européenne (BCE) a abandonné l’idée que l’euro pourrait être le digne héritier du Deutschemark. Compte tenu de l’importance du plan de sauvetage de la Grèce de près de 1 trillion d’euros et de l’aléa moral que cela crée en ce qui concerne les autres États européens les plus dépensiers, l’euro est plutôt en passe de devenir le digne héritier de la drachme. Le renflouement était certes destiné à rétablir le calme sur le continent et à renforcer ainsi l’euro, le résultat est tout autre : l’heure de gloire de l’euro est passée.

> Extrait d’une vidéoblog déposé sur Sevenload le 20 mai 2010. Aussi disponible en version intégrale sur YouTube.

Avant ce renflouement, de nombreux investisseurs - y compris moi - croyaient que la zone euro sous influence de l’Allemagne serait financièrement plus responsable que les pays dont les gouvernements contrôlent leur monnaie. Compte tenu de la structure politique décentralisée de la zone euro et de l’indépendance de la BCE, nous pensions improbable voire impossible qu’elle recoure à l’inflation pour gérer le problème d’endettement de ses membres. Cette croyance a permis aux Européens de jouir depuis l’introduction de l’Euro de taux d’intérêt bas et taux de change favorables.

Toutefois, de nombreux États membres, et la Grèce en premier, ont abusé de la facilité d’emprunt que leur conférait une monnaie forte et, pour le dire crûment, ils ont eu les yeux plus gros que le ventre. Plutôt que de laisser la Grèce faire défaut, ce qui aurait montré un engagement réel en matière de responsabilité fiscale, l’Europe vient de prouver qu’elle était fort capable d’aboyer mais pas de mordre ! L’effet immédiat a été d’indiquer clairement que la BCE monétiserait la dette de tout Etat membre qui aurait trop emprunté. Au fur et à mesure que cette compréhension des choses va se répandre, l’euro coulera.

Malheureusement, nombreux sont ceux qui prennent la faiblesse de l’euro pour la force du dollar. Un coup d’oeil sur le prix de l’or - qui, exprimé dans les deux monnaies, a atteint de nouveaux sommets - réfute rapidement ce mythe. Le fait est que le dollar et l’euro perdent de leur valeur. À l’heure actuelle, l’euro perd de sa valeur plus rapidement, mais dans cette course, je continue à penser que le dollar gardera la tête.

Il est généralement admis que le gouvernement américain ne fera jamais défaut sur sa dette, peu importe ses déficits et aussi onéreux puisse être le service de la dette. Pour l’instant, le reste du monde continue d’acheter notre dette - en dépit du fait que cela ne leur rapporte presque rien. A ceux qui montraient quelques inquiétudes quant à la possibilité que les investisseurs étrangers puissent un jour cesser leurs achats, la Fed a clairement indiqué son intention d’imprimer autant d’argent que nécessaire pour acheter toute dette invendue. Dans ces conditions, ceux qui remettent en question la validité future de l’euro sans émettre les mêmes doutes concernant le dollar utilisent sans vergogne deux poids deux mesures !

En dépit de tous ses défauts, l’euro reste plus fiable que le dollar. Une fois le processus de réévaluation de l’euro terminé, et à celui-ci de trouver un nouveau plancher, je m’attends à ce que le dollar reparte à la baisse par rapport à son cousin transatlantique. En même temps, je m’attends à ce que les deux monnaies continuent de perdre de la valeur par rapport à l’or et aux autres principales devises. Étant donné le dommage fait à la réputation de l’euro, je m’attends à ce que les gouvernements européens promettent de maîtriser leur déficit budgétaire et à ce que la BCE défende la valeur de sa monnaie. Même si ces engagements risquent de ne pas être tenus à long terme, l’euro devrait à court terme remonter, en particulier du fait de sa dégringolade récente et le sentiment baissier qui règne à son égard. Il est dans mon intention de profiter de cette accalmie pour réévaluer nos actifs dans la zone euro.

Toutes ces dernières années, nous n’avons pas investi lourdement en euros, conscients de la possibilité d’un tel scénario et il se peut que nous les diminuions encore davantage. Si je me trompe et que l’euro ne repart pas à la hausse, alors il continuera sa dégringolade et le risque est grand de voir la zone euro elle-même redéfinie. Soit les pays lourdement endettés seront forcés de quitter la zone, soit une révolte dans les pays les plus fiscalement responsables mettra fin aux sauvetages, poussant les pays les plus endettés à devoir se retirer. Dans un cas comme dans l’autre, une telle évolution serait une opportunité pour investir dans les pays les plus vertueux de la zone euro ainsi rétrécie et peut-être aussi dans les pays en dehors de celle-ci qui auraient décidé de devenir fiscalement responsables.

Pour l’instant, l’aspect le plus intéressant du plan de sauvetage grec reste le fait que le président Obama y était extrêmement favorable. Il s’est profondément impliqué dans ce qui est essentiellement une affaire intérieure de l’Union européenne - exigeant que l’Allemagne vienne au secours de l’Union européenne et faisant la leçon à la Grèce. Le président du pays le plus endetté de la planète est probablement motivé par la crainte de voir un pays faire réellement défaut. En encourageant l’Europe à renflouer les détenteurs de la dette grecque et portugaise, Obama espère sans doute apaiser les créanciers de son pays.

Si la Grèce avait été autorisée à restructurer sa dette, les détenteurs d’obligations aurait été pour la première fois dans l’histoire récente contraints d’absorber des pertes générées par le défaut d’un pays développé. Cela aurait accéléré le débat actuel sur le poids de la dette publique, et conduit certains investisseurs à réévaluer l’ensemble de leurs portefeuilles. La dernière chose que souhaite Washington est de voir les détenteurs de bons du Trésor américain adopter un regard critique sur ses comptes. Les créanciers pourraient bien en conclure que c’est « du grec » pour eux, et reconsidérer le poids de notre dette en conséquence.

Peter Schiff est le président et Chief Global Strategist d’Euro Pacific Capital.




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