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Autoriser le riz doré pour lutter contre la malnutrition

par Cécile Philippe
mardi 5 juillet 2016.

Texte d’opinion publié en exclusivité sur le site de l’Institut économique Molinari.

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Comme l’explique l’un des créateurs de cette variété de riz, Ingo Potrikus, le problème dans les pays en développement n’est pas seulement celui de la sous-alimentation mais aussi celui de la malnutrition. C’est à ce fléau qu’il a voulu s’attaquer, en particulier à la déficience en vitamine A, en créant un organisme génétiquement modifié destiné à éviter cette carence. Il a donc créé une variété de riz enrichie en beta carotène, précurseur de la vitamine A.

Les enjeux sont majeurs. La déficience en vitamine A rendrait aveugle près de 500 000 enfants et causerait entre 1 et 2 millions de décès chaque année.

Comme il s’agit d’un organisme génétiquement modifié (OGM), il a soulevé la polémique. Le riz doré est génétiquement amélioré. Inventé au début des années 90, il n’est toujours pas disponible pour la consommation humaine alors qu’il a été développé dans un but humanitaire.

Dès sa conception, le riz doré a subi les foudres des activistes anti-ogm qui en contestent l’utilité et réclament toujours plus de tests et d’études pour en prouver l’innocuité.

La mise sur le marché de ce riz n’est toujours pas à l’horizon – même si son inventeur, aujourd’hui âgé de 80 ans espère toujours en voir la production avant sa mort.

La science par définition ne peut jamais prouver l’absence totale de risque. Le lui demander est simplement signer l’arrêt des progrès scientifiques. La seule chose que peuvent faire les scientifiques, c’est de rassembler des preuves indiquant que la technologie permet des modes d’actions meilleurs ou tout simplement moins nocifs.

Concernant les organismes génétiquement améliorés, il faut évidemment étudier chaque cas par cas tout en gardant des chiffres en tête. Nombre d’avis d’experts indiquent que les OGM ne présentent de danger ni pour l’environnement ni pour les consommateurs qui en mangent maintenant depuis plus de 20 ans. Entre 1996 et 2012, les surfaces biotech ont été multipliées par 100. Ils partent du constat que les nouvelles variétés ont été testées de façon plus complète que celles élaborées par des méthodes plus anciennes.

Et pourtant, nombre d’entre eux tombent sous le coup de moratoires, interdictions, demandes de tests. Dans le cas du riz doré, Ingor Protikus a dû apporter la preuve de l’efficacité du riz, ce qu’il a réussi à faire tout dernièrement en montrant qu’une portion journalière de riz pouvait couvrir 60% des besoins journaliers en vitamine A. De fait, les technophobies actuelles entraînent des coûts et délais réglementaires croissants, évalués entre 2008 et 2012 à 136 millions de dollars, dont 35 pour répondre aux contraintes réglementaires pesant sur chaque nouvelle variété génétiquement améliorée.

Autoriser le riz doré, c’est aider à sauver des vies. On a le droit, à titre individuel, d’être pour ou contre les OGM et de ne pas souhaiter en consommer. En revanche interdire aux autres de recourir à des organismes génétiquement améliorés est un abus de droit.

Cécile Philippe est directrice générale de l’Institut économique Molinari.




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