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Au coeur d’un « think tank »

par Christopher DeMuth
jeudi 30 avril 2009.

Ce texte est un extrait d’un essai portant sur la nature et le rôle des think tanks, publié en décembre 2007.

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Les « think tanks » [NDLR : instituts de recherche] ont acquis une place centrale dans la recherche appliquée, et nos partenaires comme nos opposants nous reconnaissent une grande influence. Néanmoins, notre positionnement au croisement de la politique et de la recherche universitaire, nous attire de nombreuses critiques, et les raisons de notre succès ne sont pas toujours bien comprises.

Les secrets de la réussite

Les think tanks sont identifiés dans l’opinion publique comme des acteurs défendant une ligne éditoriale particulière. Certains suggèrent parfois que cela pourrait compromettre l’honnêteté de leurs travaux. Leur vrai secret est pourtant qu’ils ne reçoivent d’ordres de personne, et n’en donnent à personne. Au contraire, ils ont découvert de nouvelles méthodes d’organisation des activités intellectuelles, méthodes supérieures par de nombreux aspects à celles de la recherche universitaire traditionnelle.

Les think tanks n’essayent ainsi pas de masquer leurs orientations politiques à la manière des universités. Nous sommes des « écoles », dans le sens originel du terme : des groupe d’experts qui partagent certaines conceptions philosophiques et les utilisent autant que possible dans des recherches empiriques, des publications plus engagées, et les débats que nous avons entre nous et avec les experts d’autres écoles.

Cela s’est avéré extrêmement efficace. Ne pas oublier ses principes fondamentaux présente de nombreux avantages lorsque l’on travaille sur des questions pratiques. Nous connaissons nos fondements philosophiques, et nous nous concentrons sur ce qui fait la spécificité d’un problème donné. Travailler au sein d’une « école » favorise la collégialité, l’originalité et la clarté dans nos travaux. Il s’agit de correctifs nécessaires aux vices inhérents des écrits politiques (personnels et au style parfois ronflant) et à la pure recherche universitaire (souvent frileuse et très technique). Mais les vertus d’une telle organisation sont encore plus importantes. Le génie solitaire est un personnage romantique merveilleux, mais aussi très rare. Le progrès intellectuel est fortement lié au milieu : les réalisations les plus importantes dans les arts ou les sciences ont été très concentrées dans le temps et dans l’espace. Les think tanks essayent d’appliquer une telle leçon aux domaines de l’analyse politique et sociale. À l’inverse, des militants politiques ou des idéologues, nous sommes très ouverts à la concurrence que peuvent nous faire d’autres écoles de pensée. Nous aimons travailler sur des questions délicates, et il y a de nombreux désaccords – très productifs – en notre sein.

Les think tanks ont pour ambition de produire des travaux de recherche non seulement pour eux mêmes, mais aussi pour tenter de faire changer les choses. Nous sommes organisés de telle manière que nous nous distinguons clairement des structures universitaires. Dans les think tanks, les experts n’enseignent pas, ne gèrent pas de budgets, ne siègent pas dans des commissions administratives. Ces tâches sont confiées à une équipe dirigeante, laissant ainsi les experts libres de se concentrer sur ce qu’ils font le mieux. Nos centres de recherche sont organisés autour de grands thèmes, plutôt que par disciplines académiques, et n’accueillent pas seulement des experts dans ces disciplines, mais aussi des intellectuels et des personnes ayant une expérience gouvernementale ou politique, ainsi que des professions enthousiastes vis-à-vis des réformes, et talentueuses dans l’art de vulgariser et de synthétiser.

Du côté du management, nous promouvons nos publications avec un dynamisme qui pourrait mettre de nombreux administrateurs d’universités dans l’embarras. Et nous accordons une attention particulière à la capacité à bien parler et à bien écrire.

De nombreux experts entreprennent des recherches techniques pour des journaux académiques, mais tous écrivent aussi pour des audiences beaucoup plus larges. Quand de nouveaux chercheurs arrivent des milieux académiques et me demandent pour qui ils doivent écrire, je leur réponds : pour votre mère. C’est-à-dire, pour un public intéressé et bienveillant, qui peut ne rien connaître à certains aspects de votre travail, mais qui veut savoir ce que vous avez trouvé, et en quoi cela est important.




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