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Amazon.fr perdu dans la jungle réglementaire française !

par Cécile Philippe
jeudi 6 mars 2008.

Article publié exclusivement sur le site de l’Institut économique Molinari.

Le Tribunal de Grande Instance de Versailles a donné raison au syndicat de la librairie française contre Amazon.fr qui doit cesser d’offrir la livraison gratuite des livres sur son site Internet. De telles décisions juridiques transforment malheureusement le marché des livres en un marché politique !

rien

Il faut se dépêcher car les soldes ne durent malheureusement qu’un temps en France, celle d’été et celle d’hiver conformément à la réglementation existante en la matière. Une exception existait cependant depuis plusieurs années : celles sur les livres. En effet, ces bijoux de l’esprit étaient accessibles à des prix très attractifs grâce au site Internet Amazon.fr qui en plus d’offrir une remise traditionnelle de 5 % sur les livres, offrait aussi les frais de transport gratuits pour les achats de plus de 20 euros. N’était-ce pas une occasion formidable d’économiser en nous cultivant davantage ?

Très certainement, sauf que le syndicat de la librairie française veut en décider autrement à notre place. Chargée de la défense des intérêts collectifs de la profession des libraires indépendants, cette organisation n’a rien trouvé de mieux à faire que de déposer une plainte au Tribunal de Grande Instance de Versailles pour non respect de la loi de 1981 instituant le prix unique du livre de la part d’Amazon.fr

La décision du Tribunal a donné raison au syndicat contre Amazon.fr qui doit cesser d’offrir la livraison gratuite des livres sur son site Internet. Fort contrariées par cette décision, de nombreuses personnes (plus de 120 000) se sont empressées de signer la pétition envoyée par la société américaine pour soutenir son action auprès des pouvoirs publics et sauver la gratuité des frais de transport du livre.

Reste que la signature de cette pétition est contrariante. En effet, n’est-il pas surprenant que l’on vous demande de « voter » une nouvelle fois pour une chose en faveur de laquelle vous avez déjà voté ?

En effet, à chaque fois que vous achetez un livre sur le site Amazon.fr et que vous cliquez sur « payer », vous marquez votre accord pour un échange de service avec la société Amazon.fr. C’est d’ailleurs ce qui est formidable sur le marché : il n’y a pas de compromis à faire et quoi qu’il arrive chaque vote est entendu. En achetant un livre, nous donnons notre accord comme nous pouvons aussi refuser de le donner en votant pour un autre produit ou un autre vendeur. Sur le marché, c’est la loi de l’unanimité qui fonctionne et le succès d’Amazon.fr indique tout simplement que de très nombreux utilisateurs soutiennent le candidat Amazon.

La sphère politique dans nos démocraties ne fonctionne pas du tout de cette façon. En effet, c’est la loi de la majorité qui y prévaut et nous ne pouvons que très rarement donner notre avis sur la façon dont nous sommes dirigés. Croyez-vous vraiment que votre voix déposée dans l’urne lors de chaque élection a un impact sur la politique et la réglementation du gouvernement ? Comme précisait Milton Friedman, prix Nobel d’économie, « si je vais voter sur le marché politique, mon vote n’est au mieux qu’une voix sur mille et je ne vais pas obtenir ce pour quoi j’ai voté mais ce pour quoi ont voté 51 % des électeurs ».

Sur le marché, rien de tel : chaque achat et chaque refus d’acheter compte. C’est pourquoi, si l’on souhaite voir prévaloir la suprématie du consommateur, il faut préserver le champ d’action au sein duquel il peut s’exprimer librement par une récompense ou une sanction à effet immédiat. Des décisions juridiques comme celle du TGI de Versailles transforment malheureusement le marché des livres en un marché politique ! Elles nous obligent à affirmer de nouveau, à travers des pétitions, un accord que nous avons déjà donné antérieurement. Et, en cas d’échec de ladite pétition, nous voilà démunis de moyens efficaces de faire entendre notre voix !

Il est parfaitement raisonnable de vouloir nous faire changer de prestataire de service par la persuasion. Cependant la politisation du marché des livres crée un rapport de force entre ceux qui veulent bénéficier du transport gratuit (une grande partie des consommateurs) et ceux qui veulent protéger leur profession (les libraires indépendants).

C’est la supériorité du marché libre que de permettre à chaque individu de voter pour ou contre tel service ou tel produit et de garder ainsi le contrôle de son porte-monnaie. Pour qu’il ne s’allège pas trop vite, il faut cesser de politiser tous les choix de la vie, en particulier celui d’acheter un livre.

Cécile Philippe, directeur général, Institut économique Molinari




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