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À partir de demain, l’État en France aura consommé toutes ses ressources et commencera à s’endetter pour terminer l’année – La France est l’un des rares pays à cumuler des déficits à tous les niveaux

dimanche 8 novembre 2015.

Communiqué de presse

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Paris, le dimanche 8 novembre 2015 - Grâce à des données d’Eurostat, l’Institut économique Molinari a calculé le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes les recettes annuelles.

La 1ère édition de cette étude montre que :

- L’administration centrale française a dépensé l’intégralité de ses ressources le 9 novembre, soit 16 jours plus tôt que le reste de l’Union européenne qui épuise en moyenne ses ressources le 25 novembre ;

- la France est l’un des rares pays, aux côtés de la Belgique, des Pays-Bas, de la Pologne et de la Slovaquie à cumuler des déficits au niveau des 3 administrations (centrale, collectivités locales et sécurité sociale).

Calendrier des jours où les administrations centrales ont dépensé toutes leurs recettes

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PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

Les administrations centrales, principale source des déficits publics
Au niveau de l’UE, les dérapages des administrations centrales expliquent l’essentiel des dérapages des comptes publics. Les administrations locales et de sécurité sociale équilibrent traditionnellement mieux leurs comptes que les États centraux.

Parmi les 28 administrations centrales de l’UE, 4 sont en situation excédentaire. Il s’agit du Danemark, avec un excédent équivalent à 11 jours de dépenses, tandis que l’Allemagne, la Lituanie et l’Estonie avaient des excédents allant de 8 à 5 jours de dépenses. Leurs recettes de l’année leur permettent de financer toutes les dépenses de l’année en cours et de se désendetter.

Les 24 autres administrations centrales dépensent la totalité de leurs recettes avant la fin de l’année.

Agrégé au niveau global, tous types d’administrations confondus, les administrations publiques de l’UE avaient consommé la totalité de leurs recettes 23 jours avant la fin de l’année.

La situation de l’administration centrale se dégrade en réel et en relatif
Depuis 1980, tous les exercices ont été déséquilibrés. Au-delà des chocs liés aux à-coups conjoncturels, la situation s’est détériorée. En moyenne, « le jour où toutes les ressources sont consommées » a avancé de 1,5 jour par an depuis 1980. La pire performance date de 2009, avec 93 jours de dépenses non financées, soit un résultat bien plus dégradé que ce qui avait été constaté en 1984, 1993 ou 2003. De même, les « embellies » sont de moins en moins significatives. Celle de 1989 avait permis de limiter le déficit de l’État à 19 jours, celle de 2013 n’a permis de le résorber qu’à hauteur de 51 jours.

D’un point de vue relatif, on observe que la situation française est elle-aussi inquiétante. L’État et ses divers organismes d’administration centrale sont systématiquement dans la dernière partie du classement. Ils sont 19ème en moyenne sur 24 pays à 20 ans, 25ème sur 27 pays à 10 ans, 21ème sur 28 pays à 5 ans et 22ème sur 28 pays l’an passé, ce qui nous vaut d’être systématiquement dans la 2ème partie du classement.

Même sur la période récente, marquée par une hausse significative des prélèvements obligatoires, la situation ne s’améliore pas par rapport aux autres pays de l’UE. En 2014, l’écart entre la France et la moyenne de l’UE s’est à nouveau élargi. L’administration centrale française avait consommé toutes ses ressources le 9 novembre, soit 16 jours plus tôt que le reste de l’Union européenne qui épuise en moyenne ses ressources le 25 novembre.

Des déséquilibres durables au niveau des 3 administrations
L’administration centrale n’est pas la seule à ne pas équilibrer ses comptes en France. C’est aussi le cas des collectivités locales, qui consomment toutes leurs recettes 6 jours avant la fin de l’année, et des administrations de sécurité sociale, qui consomment leurs recettes 5 jours avant la fin de l’année.

Au global, la situation française, toutes administrations publiques confondue, se dégrade en réel et en relatif. Alors que sur les 20 dernières années, elles avaient consommé leur budget 24 jours avant la fin de l’année, il leur manquait 25 jours l’an passé. Alors que nous étions 12 sur 24 en moyenne sur 20 ans, nous sommes désormais 18 sur 28.

Des déséquilibres durables en dépit d’une augmentation significative des recettes publiques
La persistance de déficits publics n’est en aucun cas due à une baisse des recettes publiques. Rapportées au PIB, les recettes publiques augmentent significativement en France depuis des décennies. Elles sont passées de 43,2% du PIB en 1978 à 53,6% en 2014, ce qui représente une hausse de 10,4 points.

La persistance de déficits est due à une augmentation encore plus rapide des dépenses publiques. Elles sont passées de 44,9% du PIB en 1978 à 57,5% en 2014, ce qui représente une hausse de 12,6 points.

Pendant la période récente, la France a eu un comportement atypique par rapport au reste de l’UE. Ses administrations publiques, traditionnellement plus dépensières, évoluent en général de façon synchrone au reste l’UE. Cela n’a pas été le cas en 2013 et 2014. Les dépenses publiques françaises ont continué de croître, alors qu’elles étaient en décroissance dans l’UE. En 2014 les dépenses publiques française représentaient 57,5% du PIB, plus que le précédent record de 2009 (56,8%). La situation était différente dans l’UE, avec une baisse de plus de 2 points par rapport au pic de 2009. La France se singularise une fois de plus. On n’y observe pas la traditionnelle phase post crise de réduction du poids des dépenses publiques.


Citation de Cécile Philippe, directrice de l’Institut économique Molinari (IEM) et co-auteur.

« Contrairement au reste de l’UE, les dépenses publiques françaises continuent de croître. Elles atteignent désormais 57,5% du PIB, soit plus que le précédent record de 2009. La situation est radicalement différente dans l’UE, avec une baisse de plus de 2 points par rapport à 2009.

Ce décalage entre la France et le reste de l’UE montre l’ampleur des enjeux, dans un pays où il est fréquent de stigmatiser une « austérité budgétaire », qui n’existe pas, et de sous estimer les effets de l’« austérité fiscale ».

Nous sommes arrivés à un niveau de dépenses et de recettes fiscales inégalé, ce qui multiplie les effets pervers et obère les chances d’une reprise durable de l’activité permettant de résorber drastiquement le chômage. La variable d’ajustement, l’augmentation perpétuelle de la dette à moyen voire à court terme est une source de risques pour les contribuables, les générations futures mais aussi pour les détenteurs de dette publique. »


L’étude intitulée « Le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes leurs recettes annuelles » est disponible à sur notre site.

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L’Institut économique Molinari (IEM) est un organisme de recherche et d’éducation qui vise à entreprendre et à stimuler l’approche économique dans l’analyse des politiques publiques. Il s’est fixé comme mission de proposer des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l’ensemble des individus composant la société.

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Pour toute information ou interview, contacter :

Cécile Philippe – directrice, Institut économique Molinari
(Paris, Bruxelles, langue française ou anglaise)
cecile@institutmolinari.org
+33 6 78 86 98 58

Ou Nicolas Marques – chercheur associé, Institut économique Molinari
(Paris, langue française)
nicolas@institutmolinari.org
+ 33 6 64 94 80 61




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